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Contenance. L'Univers, que l'on observe actuellement jusqu'à des distances d'environ 15 milliards d'années de lumière, comprend tout ce qui existe, c'est-à-dire des millions de galaxies séparées dans un espace contenant des poussières, des gaz et des particules atomiques. Si la distance Terre-Soleil était représentée par un micron (1 millième de mm, or elle est en moyenne de 149 600 000 km), le diamètre de notre Galaxie serait de 6,3 km, Andromède serait à 126,6 km, l'amas de la Vierge à 2 278,8 km, l'amas éloigné de la Grande Ourse à 106 344 km et les limites supposées de l'Univers à 759 600 km.
Géométrie de l'Univers. Si l'on admet que l'Univers a les mêmes propriétés dans toutes les directions (isotropie) et que la matière y est uniformément distribuée (homogénéité), 3 modèles d'Univers sont envisageables [Alexandre Friedman (Soviétique, 16-6-1888/16-9-1925), 1922] : - sphérique, ou à courbure positive (à 2 dimensions, l'espace peut être représenté par la surface d'une sphère) : Univers fini mais sans frontières ; - hyperbolique, ou à courbure négative (à 2 dimensions, l'espace peut être représenté par la surface d'une selle de cheval) : Univers infini ; - euclidien, ou à courbure nulle (à 2 dimensions, l'espace peut être représenté par une surface plane) : Univers infini. Dans les 3 cas, le rayon de courbure de l'Univers varie avec le temps : s'il croît, l'Univers est en expansion ; s'il décroît, l'Univers est en contraction. On peut imaginer un type d'Univers pulsant, passant par des phases d'expansion et des phases de contraction. A un instant donné dans le passé, le rayon de l'Univers était nul : c'est l'origine de l'Univers actuel. Peut-être l'Univers existait-il antérieurement, mais on ne peut pas le savoir. Selon les observations astronomiques, l'Univers semble effectivement homogène et isotrope à grande échelle.
Cosmologie. S'efforce de déterminer les lois qui gouvernent l'Univers. La plupart des théories modernes admettent les principes de la relativité générale (Einstein, 1917) : - l'espace, à 3 dimensions (longueur, largeur, hauteur), et le temps, à 1 dimension (durée), sont liés : l'Univers est un espace-temps à 4 dimensions (la position d'un point quelconque y est définie par 3 coordonnées spatiales et 1 coordonnée temporelle) ; - la matière et l'énergie contenues dans l'Univers le déforment : l'Univers est courbe.
Avant les Grecs. Babyloniens, Égyptiens et Chinois observent le ciel et connaissent la révolution des planètes ; Babyloniens et Chinois savent prédire les éclipses. Mais les systèmes cosmologiques sont naïfs et imprégnés de mythologie : pour les Babyloniens, l'Univers est une voûte et la Terre flotte sur l'Océan ; pour les Égyptiens, le Nil est un bras de l'Océan et le Soleil y flotte en barque, etc.
Systèmes géocentriques grecs. Pour Anaximandre (vers 610-vers 547 av. J.-C.), la Terre a la forme d'un disque (dont seule une des faces est habitée), elle est comme suspendue dans l'espace, toujours à une même distance de tous les points du ciel. Autour d'elle, différemment inclinées par rapport à son axe, tournent, à des distances internes respectivement égales à 9, 18 et 27 fois le diamètre terrestre, 3 grandes roues, ayant chacune pour épaisseur le diamètre de la Terre : celle du zodiaque (des étoiles fixes), celle de la Lune et celle du Soleil. Pour les pythagoriciens (Ve s. av. J.-C.), la Terre est sphérique, de même que la voûte des cieux qui tourne autour d'elle en une journée sidérale. Il y a aussi 7 autres sphères concentriques à la 1re, tournant autour d'axes passant par le centre de la Terre, mais diversement inclinés (notion de l'obliquité de l'écliptique, découverte par Œnopide de Chio, vers 430 av. J.-C.). Ces 7 sphères sont, dans l'ordre croissant de leurs distances à la Terre, celles de la Lune, de Mercure, de Vénus, du Soleil, de Mars, de Jupiter et de Saturne.
On mesurait l'intensité du plaisir par rapport à ces sphères ou « ciels », les troisième et septièmeé tant, pour des raisons symboliques, les plus appréciées.
Système d'Aristarque (de Samos, 310-230 av. J.-C.). Il suppose, 17 siècles avant Copernic, que la Terre tourne sur elle-même et autour du Soleil, toujours considéré comme immobile dans l'Univers. Il a calculé (avec des erreurs considérables) les distances Terre-Lune et Terre-Soleil. Ses idées sont rejetées comme « impures ».
Système de Ptolémée (Claude Ptolémée, Grec, vers 100-vers 170). Systématisation des conceptions géocentriques antérieures à Aristarque : le cercle (figure parfaite et divine) est le fondement de l'Univers. La Terre est une sphère, entourée d'une série de sphères de cristal concentriques ; la sphère extérieure contient les étoiles. Toutes ces sphères se meuvent à une vitesse constante. La théorie de Ptolémée a recours à la théorie des épicycles, « cercles secondaires » : chaque planète a un cours circulaire autour d'un centre situé dans la sphère des planètes, mais soumis lui-même à un mouvement circulaire appelé le déférent.
Systèmes médiévaux. Ils reprennent le système de Ptolémée avec des précisions sur les orbites des planètes (apportées surtout par les observations des Arabes) qui ruinent petit à petit la théorie des épicycles et des déférents.
Système héliocentrique de Copernic (Nikolaj Kopernik, Polonais, 19-11-1473/24-5-1543) exposé dans Des révolutions des orbes célestes (1543). Le Soleil est placé au centre du système planétaire : la Terre tourne autour du Soleil (fixe) ; l'axe des planètes est celui du globe terrestre, la Lune tourne autour de la Terre ; la Terre tourne sur elle-même (dans son manuscrit, Copernic a cité le nom d'Aristarque, mais l'a biffé dans son livre imprimé).
Système de Kepler (Johannes Kepler, Allemand, 27-12-1571/15-11-1630). Les planètes ne tournent pas autour de la Terre (planète comme elles) ; leurs orbites ne sont pas circulaires mais elliptiques ; elles ne se trouvent pas sur des plans parallèles et n'ont pas la Terre pour centre mais le Soleil pour foyer.
Mécanique de Galilée (Galileo Galilei, Italien, 18-11-1564/8-1-1642). Les corps ne sont pas immobiles naturellement : ils sont animés d'un mouvement rectiligne uniforme (inertie) ; ils ne sont au repos, apparemment, que par rapport à d'autres corps ayant la même vitesse. Galilée, qui avait défendu le système de Copernic (voir ci-dessus), fut condamné par l'Inquisition le 21-6-1633 à être emprisonné et à réciter les 7 Psaumes de la pénitence 1 fois par semaine, pendant 3 ans, pour avoir soutenu que la Terre tournait autour du Soleil, « système absurde et faux en bonne philosophie, et erroné dans la foi » ; il abjura, à genoux, les mains sur l'Évangile. Il a été officiellement réhabilité par le pape Jean-Paul II en novembre 1992 (ses ouvrages étaient autorisés depuis 1822).
Attraction newtonienne (sir Isaac Newton, Anglais, 25-12-1642/20-3-1727). Newton relie la mécanique astrale de Galilée à la notion de chute des corps. La cause de ces 2 mouvements est la force universelle d'attraction que tout corps exerce sur tout autre corps.
Relativité einsteinienne (Albert Einstein, Allemand naturalisé Suisse puis Américain, 14-3-1879/18-4-1955). La masse pesante des objets, telle qu'on la calculait dans le système de Newton, est égale à leur masse inerte et la gravitation est à ranger parmi les inerties : l'Univers est à 4 dimensions (longueur, largeur, hauteur, temps), courbe et fini. Sa finitude a été remise en cause à partir de 1928 par les théories expansionnistes. On estime néanmoins aujourd'hui que la formule d'Einstein E = mc2 a été étayée par 11 preuves :
1o) les explosions atomiques prouvent la relativité « restreinte », équivalence de la masse et de l'énergie, la 1re n'étant que la forme figée de la 2de ;
2o) l'augmentation de la masse des particules soumises à l'accélération E = mc2 (si E croît, m croît aussi) ;
3o) la plus longue durée des mésons mu (puisqu'ils ne vivent que 2 millionièmes de seconde, et qu'ils vont à la vitesse de la lumière, ils devraient parcourir seulement 600 m ; en fait, ils traversent toute l'épaisseur de l'atmosphère, car ils vont aussi vite que le signal annonçant leur fin) ;
4o) l'avance du périhélie de Mercure. Il se déplace de 43 s par siècle, sous l'influence du Soleil qui déforme l'espace/temps dans une vaste zone englobant Mercure ;
5o) l'effet Einstein, variante de l'effet Doppler : la lumière est décalée vers le rouge, sans que sa source bouge, en traversant un champ intense de gravitation (conséquence de la gravité générale) ;
6o) la déviation des signaux lumineux émis par les étoiles et passant près du Soleil ;
7o) le retard infligé aux ondes radio par l'attraction solaire [effet Shapiro, du nom de l'astronome Irwin Shapiro (Américain, né 29-10-1929) qui l'a démontré], hypothèse vérifiée par les sondes Mariner 6 et 7, puis par les sondes Hélios ;
8o) l'égalité de la masse d'inertie et de la masse pesante, théorie démontrée par la stabilité de la Lune par rapport à la Terre : l'attraction solaire ne fait jamais osciller l'axe de la Lune (on le sait depuis la mesure au laser de la distance Terre-Lune, à 6 cm près) ;
9o) une horloge atomique faisant le tour du monde vers l'est (en avion à 10 000 m d'altitude) retarde de 329 nanosecondes sur la même horloge faisant le tour du monde vers l'ouest : preuve que la gravitation terrestre a un effet sur le temps ;
10o) l'effet Mossbauer (Rudolf Mossbauer, All., né 31-1-1929) gravitationnel prouve l'effet relativiste d'altitude (en utilisant des cristaux émetteurs de rayons gamma) ;
11o) l'existence des trous noirs prouve à la fois la courbure et la non-infinité de l'Univers. Voir Trou noir, p. 287 c.
Univers en expansion. Avec les travaux d'Edwin Hubble (Américain, 20-11-1889/28-9-1953), on est passé d'un Univers statique et immuable à la conception d'un Univers en expansion et donc en évolution. Hubble, ayant identifié en 1924 pour la 1re fois, dans la galaxie d'Andromède, avec le télescope de 2,50 m du mont Wilson, des céphéides (voir p. 285 a), calcula leur distance et établit que la galaxie se trouvait à l'extérieur de la Voie lactée. Cela prouvait qu'il existe des galaxies extérieures à la nôtre. En 1928, il découvrit que les galaxies ont un spectre décalé vers le rouge (le redshift) et, en admettant qu'il s'agissait d'un effet Doppler (voir à l'Index), il tira de ses observations une loi (dite des déplacements spectraux) selon laquelle toutes les galaxies s'éloignent les unes des autres, les plus lointaines s'éloignant le plus rapidement : V = H.d [V : vitesse de récession d'une galaxie dont la distance est d ; H : constante de Hubble, 71 km/s et par mégaparsec, à 5 % près, mesures de WMAP (voir encadré p. 286 b)]. Si la théorie de la relativité est valable, cela signifie que l'Univers est en expansion. La plupart des astrophysiciens admettent aujourd'hui la réalité de l'expansion. Selon des observations faites en 1998 à l'université de Seattle et au Lawrence Berkeley National Laboratory, l'Univers serait définitivement en expansion indéfinie et accélérée. Les modèles les plus couramment admis qui décrivent cette conception sont les modèles du big bang (voir col. c).
Vision récente de l'Univers. L'écoulement du temps (toujours dans le même sens) est une illusion. L'Univers est occupé par une infinité de mondes parallèles qui s'ignorent. La déformation de l'espace par la masse, prédite par Einstein, a été observée. Le décalage des horloges qui bougent, c'est-à-dire la déformation du temps par la vitesse, est à la base du système GPS (Global Positioning System).
Théorie des cordes. Développée dans les années 1980. Permettrait d'unifier forces et lois physiques. Particules et forces seraient les manifestations du frémissement de minuscules cordes, qui doivent vibrer dans 10, voire 11 dimensions.
1907 Herman Minkowski (Russe, 22-6-1864/12-1-1909) met au point le concept d'espace-temps à 4 dimensions : 3 dimensions d'espace et 1 de temps. 1919 Theodor Kaluza (Polonais, 9-11-1885/19-1-1954) propose l'existence d'une 4e dimension spatiale pour unifier gravitation et électromagnétique. 1926 Oscar Klein (Suédois, 15-9-1894/5-2-1977) explique qu'on ne voit pas les autres dimensions de l'Univers parce qu'elles sont minuscules. 1967 Steven Weinberg (Amér., né 3-5-1933) et Sheldon Glashow (Amér., né 5-12-1932) unifient force électromagnétique et force nucléaire faible en une force « électrofaible ». 1984 Michael Green (Brit., né 22-5-1946) et John Schwarz (Amér., né 22-11-1941) montrent que la théorie des cordes pourrait unifier les forces fondamentales (gravitation, électromagnétique, nucléaire forte et faible) si l'espace possède des dimensions supplémentaires.
Age de l'Univers. Son calcul dépend de : la constante de Hubble (qui mesure le taux d'expansion actuel de l'Univers et qui, en dépit de marges d'erreur, donne lieu à des mesures tangibles) ; la densité de matière qu'il contient (qui conditionne le ralentissement de ce taux d'expansion) et qui fait l'objet d'approximations (plus de 90 % de la matière de l'Univers échapperait encore aux observations des astronomes) ; la constante cosmologique d'Einstein (objet de discussions théoriques pour savoir quelle valeur lui donner, car elle pourrait être nulle).
Estimations récentes (en italique : en milliards d'années) : 1930 1,8 (Edwin Hubble). 1940 4,5. 1960 10 [Allan Sandage (Amér., né 18-6-1926) et Gustav Tammann (Suisse, né 24-7-1932)]. 1976 10 (Gérard de Vaucouleurs, Fr., 25-4-1918/7-10-1995, naturalisé Amér. en 1962). 1980-90 15 (la plupart des théoriciens). 1994 (publié dans Nature du 29-9) 8 [Michael J. Pierce (Kitt Peak, Tucson, Arizona)] mais certaines étoiles parviendraient à 15 ou 16 ; le 27-10 : 12 [équipe américaine de Wendy Freedman (Carnegie Observatories, Pasadena) travaillant avec le télescope Hubble orienté vers l'amas de la Vierge en direction de M 100 (56 millions d'années de lumière)]. 1996-mars : 11 à 14 [A. Sandage (Carnegie Observatories)] ; juin : 9 à 12 [W. Freedman, s'appuyant sur les données de Hubble sur 50 céphéides de la galaxie de l'amas du Fourneau] : déc. : 10 à 13 [Michael Feast (Afr. du Sud, né 29-12-1926) et Robin Catchpole, travaillant avec le satellite Hipparcos). 1997 11,5 (Hipparcos). 2003 entre 13 et 14 (Hubble). 13,7 à 1 % près (WMAP).
Le 15-2-2004, une équipe internationale d'astronomes dirigée par J.-Paul Kneib (Fr.) annonce la découverte d'une galaxie située à 12,95 milliards d'années de lumière, grâce au télescope spatial Hubble, au télescope Kech, et à l'effet de loupe (lentille gravitationnelle) de l'amas Abell 2 218 à 2 milliards d'années de lumière de la Terre. Le 1-3-2004 une galaxie (Abell 1835 IR1916) découverte à 13,23 milliards d'années de lumière par télescope VLT (Chili).
Origine. Théorie du big bang (grand boum) : énoncée en 1948 par George Gamow (né à Odessa, naturalisé Amér., 4-3-1904/19-8-1968), vulgarisée en 1978 par Steven Weinberg (Amér., né 3-5-1933), dans Les Trois Premières Minutes de l'Univers : l'Univers actuel serait issu d'une énorme explosion, le big bang, survenue il y a environ 15 milliards d'années [cf. Théorie de l'atome primitif de l'abbé Georges Lemaître (Belge, 1894-1966), 1927]. En extrapolant les résultats obtenus en étudiant des collisions de particules à hautes énergies dans de grands accélérateurs comme ceux du Cern, on a pu retracer ainsi l'histoire des premiers instants de l'Univers. On ne sait pas encore ce qui s'est passé lors du big bang (temps de Planck) à moins de 10-43 seconde après : aucune théorie ne permet actuellement d'envisager le comportement de la matière à la température d'alors [plus de 1032 K (kelvin)]. L'Univers primitif est une « soupe » de particules s'agitant en tous sens à des vitesses proches de celle de la lumière. Au gré d'incessantes collisions, certaines particules s'annihilent, d'autres apparaissent. Pendant l'ère radiative primordiale à haute température, toutes les particules et antiparticules sont présentes en nombre à peu près égal : photons, neutrinos, quarks, autres leptons, autres bosons d'interaction. Au début des années 1980, Alan Guth (Amér., né 27-2-1947) et Andreï Linde (Soviétique, né 2-3-1948) estiment que l'Univers se serait brutalement dilaté d'un facteur 1050 (son volume étant ainsi multiplié par 10150) entre 10-35 et 10-32 secondes après le big bang (concept d'inflation cosmique). 10-6 secondes après (température 1013 K) : 1res particules lourdes, protons et neutrons apparaissent grâce à l'association de triplets de quarks. Puis les leptons prolifèrent. 1 seconde après (température 1010 K) : protons et neutrons commencent à se combiner pour former du deutérium, mais l'énergie des photons est encore suffisante pour briser ces 1ers nucléons. 3 minutes après (température 106 K) : les photons deviennent incapables de briser les liaisons nucléaires. L'Univers commence à fabriquer des noyaux atomiques légers : lithium, hydrogène, hélium. Le télescope Hubble a permis de découvrir en 1994 la présence d'hélium dans la constellation de la Baleine, à 13 milliards d'années de lumière. 15 minutes après : cette nucléosynthèse primordiale s'achève, l'Univers continue à se dilater et à se refroidir, il passe du violet au jaune puis à l'orange et au rouge, restant encore opaque, l'espace foisonnant de particules chargées interagissant avec les photons avant que ceux-ci puissent se propager sur de grandes distances. 300 000 à 400 000 ans après (température inférieure à 3 000 K) : la matière et le rayonnement se découplent, l'Univers devient transparent ; début de l'ère de la matière. Environ 1 milliard d'années après : les 1res galaxies se forment. L'Univers, en s'étendant, s'est progressivement refroidi. Il reste comme trace de l'explosion initiale un rayonnement radioélectrique « fossile » à une température résiduelle de 3 K. Les mesures du satellite Cobe (Cosmic Background Explorer), publiées le 23-4-1992, confirment la théorie du big bang en révélant les microvariations de cette température résultant logiquement de l'inhomogénéité de l'Univers primitif, et prouvent que des grandes structures de matière ont pu se constituer pour former des galaxies primitives. Certaines observations suggèrent l'existence d'hyperamas encore plus vastes que les superamas ; néanmoins, à une échelle supérieure au milliard d'années de lumière, il semble que l'Univers soit bien homogène.
En 1948, George Gamow avait prédit l'existence de ce rayonnement fossile qu'il évaluait à 7 K. En 1955, Émile Le Roux (25 ans) l'avait détecté au laboratoire de radioastronomie de l'École normale supérieure à l'aide d'antennes de radars allemands récupérés après la guerre. Dans les années 1950, des travaux théoriques, menés sous l'impulsion de Gamow, ont montré que ce rayonnement ne doit plus avoir aujourd'hui qu'une température de 2,72 K (- 270 oC). En 1964-65, Arno Penzias (Amér., né 26-4-1933) et Robert Wilson (Amér., né 10-1-1936) tentèrent dans les laboratoires Bell de mesurer le bruit radio dû à la Voie lactée et découvrirent un signal constant ne venant d'aucune source particulière (« bruit de fond du ciel »). Appelé rayonnement à 3 K (kelvin), c'est la cendre fossile des feux du big bang.
Évolution future de l'Univers. 3 scénarios sont envisagés selon la densité de la matière présente dans le cosmos :
1o) l'expansion ne cessera jamais, mais elle se poursuivra soit à une vitesse qui augmentera toujours, soit à une vitesse qui diminuera toujours ;
2o) l'expansion se ralentira ;
3o) une phase de contraction surviendra, ramenant l'Univers dans un état extrêmement dense. On passera de l'hypothèse 1 à l'hypothèse 3 selon que la vitesse d'expansion est suffisante ou non, vis-à-vis des masses en jeu, pour une libération gravitationnelle. D'après certaines expériences, il se pourrait que le neutrino, particule surabondante dans l'Univers, possède une masse infime. La densité de matière serait alors suffisante pour ralentir l'expansion, la stopper et engendrer une phase de contraction de l'Univers. Selon certains astrophysiciens, l'énergie initiale aurait donné naissance à des quantités égales de matière et d'antimatière qui se seraient regroupées dans 2 régions différentes. L'Univers actuel serait donc formé symétriquement de matière et d'antimatière. On ne connaît que de façon imprécise la densité de matière de l'Univers. Celle-ci pourrait être suffisante pour ralentir, voire stopper, l'expansion s'il existe la matière noire.
Critiques du big bang et théories alternatives. 1o) Certains astrophysiciens n'admettent pas l'idée d'une singularité initiale, d'où les théories de l'Univers stationnaire, sans commencement ni fin. Selon la plus connue, celle de la création continue [Hermann Bondi (Brit., 1-11-1919/10-9-2005), Thomas Gold (Brit., 22-5-1920/22-6-2004), Fred Hoyle (Brit., 24-6-1915/20-8-2001), 1948], bien que les galaxies ne cessent de se disperser dans l'espace, la densité de matière de l'Univers resterait constante grâce à la création continue de nouveaux atomes. Cette théorie est maintenant abandonnée, même si Fred Hoyle avec Jayant Narlikar (Inde, né 19-7-1938) et Geoffrey Burbridge (Brit., né 24-9-1925), toujours opposés au big bang, ont proposé, depuis 1993, une nouvelle version de la théorie (dite de l'état quasi stationnaire), selon laquelle l'expansion de l'espace n'est pas le signe d'un état singulier originel, mais constitue une expansion éternelle. Si les phénomènes physiques sont universels, pourquoi l'explosion originelle ne le serait-elle pas aussi ? Chaque explosion serait créatrice d'espace (d'où sa dilatation constatée), mais aussi de matière (ce qui rend compte de la densité constante supposée). La grande explosion originelle est donc remplacée par une infinité de petites explosions créatrices localisées. Selon la théorie de la création, malgré l'évolution observée à l'échelle des étoiles ou des planètes, l'histoire de l'Univers dans son ensemble n'est qu'un éternel recommencement. L'état quasi stationnaire explique l'origine du rayonnement cosmique de fond comme étant la trace laissée par d'anciens cycles d'oscillations d'étoiles.
2o) De nombreux objets extragalactiques échappent aux lois de la mécanique expansionniste. Il s'agit principalement de couples galaxie-objet compact (reliés par des ponts de matière), dont les 2 éléments ne s'éloigneraient pas à la même vitesse, si le redshift (décalage vers le rouge) est bien un effet Doppler. Ainsi, pour NGC 1199, le 1er élément (petite galaxie bleue) s'éloigne à 13 400 km/s et le 2e (objet compact relié à elle) à 2 600 km/s. Or, le 1er reste dans la même position apparente par rapport au 2e (pour l'observateur terrestre : juste devant). Il est donc impossible qu'il soit animé d'une vitesse différente. Les quasars (voir p. 287 a) ont un fort décalage spectral vers le rouge, qui, interprété comme un effet Doppler-Fizeau, conduit à les localiser beaucoup plus loin que toutes les galaxies connues. Or Halton Arp (Amér., né 21-3-1927) cite de nombreux cas de galaxies et de quasars qui, tout en ayant des redshifts très dissemblables, sont voisins et se trouvent en interaction (extension ou filament lumineux se dirigeant de la galaxie vers le radar). Les écarts entre les redshifts ne seraient donc pas imputables à un éloignement différent.
3o) Théorie du vieillissement de la lumière : envisagée dès 1935 par Hubble, reprise par Jean-Claude Pecker (Fr., né 10-5-1923) et Jean-Pierre Vigier (Fr., né 1919) : le décalage vers le rouge ne serait pas dû à l'éloignement des galaxies mais à un « vieillissement » de la lumière. Le boson scalaire ou particule ϕ viendrait de la décomposition des neutrinos émis par les réactions nucléaires des étoiles. Les photons lumineux heurteraient les bosons et, perdant ainsi de l'énergie, changeraient de couleur. Les bosons ne dévieraient pas la trajectoire de la lumière lors de la collision. Les images des galaxies resteraient donc nettes, seule leur couleur serait décalée. Ces bosons n'ont cependant pu être décelés.
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