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ARMES BLANCHES
ESTOC ET TAILLE
1o) Armes portées à la ceinture (armes de taille). Épée. Arme à lame droite à double tranchant terminée par une pointe et munie d'une garde, d'une poignée et d'un pommeau. On peut aussi l'utiliser pour frapper d'estoc. Origine : Antiquité : spatha (épée grecque, apparaît fin IVe s., reste en usage jusque vers 700).
Forte-épée. Lame droite à 1 seul tranchant (apparaît début XVIIe s. en Europe de l'Est).
Sabre. Destiné aux coups de taille. Lame plus ou moins courbée à un seul tranchant, dont la partie inférieure à double tranchant peut être également plus large. 600-1500 cimeterre arabe, sabre de cavalerie léger, courbé, à 1 tranchant. Après 1680 sabre de cavalerie imité du badelaire ou couteau de Turquie (ancien cimeterre), utilisé comme arme de corps à corps par les cavaliers (1 seul tranchant, légèrement courbé).
Fauchon. Lame plus courte (40-60 cm), à 1 seul tranchant, à section triangulaire. Peut être droite ou courbée et parfois avoir un contre-tranchant.
Armes d'estoc. Lame assez fine, terminée par une pointe aiguë et utilisée pour le coup droit.
Rapière et épée de cour. Lame très longue, plutôt fine, à double tranchant, surtout pour le coup d'estoc, peut aussi frapper de taille.
Dague. Arme d'estoc courte utilisée pour le corps à corps ; à l'occasion, peut servir pour la chasse (n'a jamais été intégrée à un sport).
2o) Armes emmanchées (pour tailler). Hache, fauchard et vouge. Période protohistorique. Début période féodale : francisque [hache à lame large et à tranchant convexe ; utilisée à partir du Ve s. par les Francs (d'où son nom), et par d'autres tribus germaniques, en particulier comme arme de jet]. Moyen Age : haches fixées à de longues hampes, destinées au combat à pied et maniées à 2 mains (le godendag flamand, début XIVe s.). 2de moitié XVe s. : haches combinées à un marteau, parfois complétées par une pique verticale et des piques latérales. Fauchard : arme servant à couper, outil de paysan, fixé au bout d'un manche. Vouge : issue des fauchards, sera l'arme des gardes du corps du XVIe s., longue lame de poignard dont le dos est aiguisé bilatéralement. Bardiche : lame étroite et arquée. Hache écossaise (lochaber) : similaire. XVIe s. : le vouge a une lame très large à tranchant arrondi. Glaive : tranchant arrondi prolongé par une pointe, dos émoussé garni d'un crochet droit, recourbé ou en forme de croissant ; la base de la lame est généralement garnie d'ailerons triangulaires. Guisarme (ou hallebarde italienne) : proche du vouge, longue pointe tranchante, sert aussi à l'estoc. Hallebarde : arme médiévale utilisée surtout pour trancher, peut également transpercer ; origine : Suisse.
3o) Armes emmanchées pour transpercer. 500-800 : estramaçon des Francs : arme de défense, poignard aigu dans une gaine en bois. A partir de 1200 : arme des cottereaux : poignards des ribauds, c.-à-d. des mercenaires à pied. Après 1642 : baïonnette, épée courte, utilisée comme dague ou poignard et pouvant s'adapter au fusil, le transformant en pique (originaire de Bayonne qui a revendiqué l'appellation en laissant authentifier ses armoiries en 1696). Les Français l'utilisent la 1re fois à Turin. On la met d'abord dans le canon du fusil ce qui empêche de tirer. Surnommée Rosalie en 1914-18. Après 1915 : poignard de tranchée pour le combat rapproché d'infanterie.
Lance. IVe s. av. J.-C. : sarisse macédonienne (long. 6,30 m). Vers 250 av. J.-C.-400 apr. J.-C. : javelot romain, emprunté aux Germains : lancé ; chaque légionnaire en a 2 (long. 110 cm). 500-800 : angon des Francs : javelot terminé par une fleur de lis (2 crochets à gauche et à droite de la tête). IXe-XVe s. : lance de chevalier (long. jusqu'à 5,50 m). 1450-1703 : pique de l'infanterie (long. 3,50 m) utilisée pour arrêter la cavalerie ; remplacée à partir de 1642 par fusil plus baïonnette (long. 2,10 m). Après 1530 : lance pessade ou esponton (pique de commandement ; écrit « anspessade » au XVIIe s.) : ancienne lance de chevalier coupée à 90 cm de long. et utilisée comme insigne par les nobles (anciens cavaliers) servant comme officiers d'infanterie. 1801-1914 lance de cavalerie en bois de frêne (long. 3 m), supprimée 1871, réutilisée 1889. 1914 dernière charge à la lance en France (1939 en Pologne).
Épieu. Forme rappelant la lance d'infanterie, tête assez large, en triangle allongé, section rhomboïdale avec ailerons triangulaires ressemblant à ceux des lances carolingiennes. XVIe s. pour la chasse.
Pertuisane. XVe s. originaire d'Italie, issue de la lance, 1ers spécimens avec une longue tête en forme de langue avec un col et une douille assez allongés. Début XVIe s. base de la pointe s'élargit (demi-lune).
Corsèque. Dérivée de la lance. XVIe s. apparaît en Italie. Fin XVe s. en France. Billette. En os, fixée avec des lanières de cuir. Fourches d'armes. Milieu XVe s. Attrape-coquin. 2 piques émergeant d'une base circulaire comme dans le cas des fourches, munies de branches à ressorts.
4o) Armes emmanchées pour assommer. Masse. Haut Moyen Age : maillets conçus comme armes de combat.
Marteau d'armes. XVe s. surmonté d'une pique, tête de marteau courte sur le côté, France et Italie. XVIe s. se généralise.
Fléau d'armes. Assemblage de différents éléments. Les boules attachées à une chaîne sont plus fréquentes (en fer, diamètre 6 à 10 cm, hérissées de nombreuses piques).
Masse à pointes (étoile du matin). Utilisée lors de mouvements révolutionnaires et insurrections de paysans.
Noms d'épées célèbres : Almace (épée de Turpin, archevêque de Reims), Balisarde (Renaud), Courtin (Ogier), Durandal (Roland), Excalibur [ou Scalibert] (Arthur), Flamberge (Bradimart), Hauteclaire (Olivier), Joyeuse (Charlemagne), Murgleis (Ganelon), Précieuse (Baligan), Zulfiqar (Mahomet).
En 1914, dans l'armée française, seuls dragons et cuirassiers portaient un casque (en tôle d'acier modèle 1872, de 1 250 g) ; en 1915, les combattants reçurent le casque Adrian (600 à 800 g).
ARMES DE TRAIT
INDIVIDUELLES. Arc. Av. J.-C. : vers 2600 en Akkad (Mésopotamie) : avec flèches en tête de bronze, tirées du haut d'un char de combat. Vers 2000 Espagne et Europe occidentale, avec flèches à tête de cuivre (commandos des « Campaniformes ») ; un bracelet de pierre passé sur l'avant-bras gauche permet une tension maximale de l'arc (en bois d'if). 500 av. J.-C.-400 apr. J.-C. archers orientaux : les Mèdes (archers à pied) ont un arc long (1,50 à 2 m) ; les Parthes (cavaliers) un arc court. Grecs et Romains n'ont pas d'archers (le soldat léger grec, peltaste, se sert d'une fronde), mais utilisent des mercenaires (Scythes, Numides). Après 800, les « sergents » des armées carolingiennes et féodales utilisent à la guerre l'arc des chasseurs aux côtés des chevaliers. XIe-XIIe s. archers communiers ; milices locales (entraînées au tir à l'arc et rejoignant l'armée royale ; service d'ost).
Arbalète. Apparaît vers IIIe s., utilisée XII-XVe s. Arc mécanique, pesant environ 20 kg et tirant appuyé sur une fourche plantée en terre ; le projectile d'arbalète, le « carreau », pèse 400 g (en fer). On emploie surtout des arbalétriers mercenaires : Génois, Gascons, Brabançons. Une compagnie d'arbalétriers combat à Bouvines (1214) ; Charles V crée un corps de 200, puis 800 arbalétriers chargés de la défense de Paris et commandés par un grand maître. Après les défaites de la guerre de Cent Ans, dues à la supériorité des archers communaux anglais, Charles V voulut revenir à la pratique de l'arc : les villes durent entretenir un corps de francs-archers à côté de leurs francs-arbalétriers. Louis XI supprima ces corps urbains (de faible valeur militaire) : son armée comptait en moy. 2 archers pour 1 arbalétrier. En G.-B. les archers des communes se maintiennent jusque vers 1450. 1450-1500 disparition des armes de trait (artillerie).
En 1139, l'Église s'émut de la précision meurtrière de l'arbalète : le 2e concile de Latran la déclara « haïe de Dieu » et en proscrivit l'usage entre chrétiens, le réservant contre les «Infidèles » en Terre sainte (croisades). En dépit de cette condamnation, l'arme fut massivement utilisée en Europe jusqu'à l'apparition de l'arquebuse.
COLLECTIVES. Baliste (inventée par Archimède, IVe s. av. J.-C.). Arbalète géante (l'arc a de 3 à 5 m de longueur, les cordes de 2 à 4 m) ; on tend les cordes avec un treuil et on charge la baliste avec des flèches faites de troncs d'arbres, souvent enflammées ; peut également lancer des projectiles ; portée 185 m.
Catapulte (inventée par les Syriens, 450 av. J.-C.). Force utilisée : élasticité des cordes (souvent faites avec des cheveux humains). Poutre de 3 à 6 m de longueur (style) terminée par un réceptacle en forme de cuillère, le cuilleron, qui pivote sur un axe horizontal. Des cordes entortillées devraient la maintenir en position verticale, mais on la tire en arrière par un système de treuil jusqu'à la coucher presque horizontalement et on pose un projectile (pierre, matériau enflammé, métal) sur le cuilleron. En actionnant le déclic (crochet de fer retenant le style au treuil), on relâche brusquement les cordes, et le style en se redressant va frapper un butoir ; le projectile jaillit sous le choc (portée 100 à 200 m). Dérivés médiévaux (XIIe-XVIe s.) : trébuchet : à tir courbe, engin à levier, fondé sur le principe de la fronde, contrepoids (2,5 t), projette des quartiers de roc de 200 à 400 kg, utilisé pour les sièges. Mangonneau (actionné par des nerfs de bœuf élastiques, portée 300 à 400 m) et bible : plus légers, lancent en tir courbe des boulets de la grosseur d'un poing. Dispositif de la truie : engins superposés sur une tour de bois. Bricole (mangonneau sans butoir) : le projectile (souvent un barillet chargé de poudre) est projeté par la force centrifuge, le cuilleron étant remplacé par 2 crochets munis de cordes faiblement nouées.
FEU
Feu grégeois. Utilisé en Chine, transmis au VIIe s. à l'empereur grec Constantin (Byzance) par Callinique (architecte syrien). Sa formule a été perdue après la chute de Constantinople en 1453. Les Byzantins ont remporté de nombreuses victoires, grâce à leurs fantassins équipés de lance-flammes portatifs (Byzance a utilisé le pétrole de la mer Noire ou de la mer Caspienne). Les Arabes l'utilisent aux XIIe et XIIIe s. Au XVIe s., les Indiens d'Amérique du Nord utilisent des fagots enduits de graisse de poisson.
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