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QUELQUES MISSILES

ABM (Anti Ballistic Missile). USA.   Spartan, fusée liée au PAR (Perimeter Acquisition Radar), 17 m de long, charge 2 à 3 mégatonnes, intervient à 700 km de distance, et entre 200 et 300 km d'altitude. L'explosion crée un flux de rayons X qui détruit le missile. Sprint, fusée (9 m de long, charge de 1 mégatonne), liée au MSR (Missile Site Radar), n'entre en action que si le missile ennemi a franchi l'échelon défensif des Spartan (portée 50 km, intervient entre 1 500 m et 30 000 m d'alt.). 2 sites sur 12 prévus ont été installés, l'un autour de la base de Minutemen à Grand Forks (Dakota du Nord), l'autre autour de celle de Malmstrom (Montana) ; coût 10,3 milliards de $ (environ 8,5 milliards d'€). En 1976, ce réseau ABM a été démonté. Patriot, dérivé d'un missile antiaérien modifié en antimissile. Batteries transportables, Mach 3, utilisé en 1991. Constructeur : Raytheon. Selon Theodore Postol et George Lewis, chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), 25 des 33 tentatives d'interception de missiles Scud iraqiens ont échoué à cause d'une vitesse insuffisante du Patriot. Sa rénovation, pour répondre à la menace de Scud modernisés, coûterait environ 1,8 milliard d'€. Le 15-3-1999, le Patriot Pac-3 a réussi sa 1re interception.

URSS.  Galosh, portée + de 350 km, mis en place à partir de 1964, 64 ogives nucléaires, 64 rampes de lancement réparties en 1976 en 4 sites autour de Moscou. Comprenait encore, en juillet 1985, 32 silos dotés chacun d'une charge de 2 à 4 mégatonnes. Système considéré peu efficace (vitesse initiale limitée, faible accélération latérale et effet « fratricide » que provoquerait la 1re explosion). Modernisation au « centre du dispositif » des missiles SH-11 endo-atmosphériques et à la périphérie des SH-04 exo-atmosphériques (portée 700 km), à charge réduite à quelques dizaines de kt. Déployé dans l'Ouest, Tallin serait destiné à la protection contre les seules attaques aériennes et ne serait pas efficace contre les fusées balistiques. Les Soviétiques auraient, en outre, transformé en ABM des missiles sol-air classiques, officiellement destinés à la défense antiaérienne (comme le SA-10 ou le nouveau SA-X-12).

ADM.  Armes de destruction massive (nucléaires, chimiques et biologiques).

Air-air [AAM (Air to Air Missile)].   Missiles d'interception (à quelques dizaines de km) : Super 530 F, calibre 260 mm, masse + de 250 kg, 530 D à autodirecteur, doppler associé au radar RDI (radar doppler à impulsions) ; Amraam (1989) ; BVRAAM (Beyond Visual Range Air to Air Missile). De combat (quelques km) : Magic 1, Magic 2, 160 mm, masse 90 kg ; R-73 (équipe Mig-29 et 23 et Su-27) ; Asraam (1992), 155 mm ; Python 4 (1993), 152 mm. D'interception de combat et d'autodéfense, exemple : Mica (équipe Rafale et Mirage 2000-5, voir p. 1321 c), Metcor [à longue portée pour armer Typhoon (ex-Eurofighter), Rafale et Gripen]. Accrochés sous l'avion en opération, les missiles, même non tirés, s'usent car ils subissent de fortes contraintes thermiques (certains équipements ne sont garantis que pour 50 h de vol).

Air-sol [AGM (Air Ground Missile)].   Exemplaires à charge classique : AS30L (laser). Apache (voir APTGD), TSSAM (Tri Service Stand off Attack, missiles américains). JASSM (Joint Air to Surface Standorff Missile, furtif-portée 300 km minimum-précision métrique) Lockheed-Martin, 4,26 m, 1 000 kg, charge 100 kg, prix environ 400 000 $ pièce. AASM (armement air-sol modulable) Sagem, Fr., voir p. 1321 c.

ALCM (Air Launched Cruise Missile).  

Antichars (AC).   De longue portée (4 000 m ou +) : montés sur véhicules blindés ou hélicoptères (exemples : Hot ; AC 3G/LP, système « tire et oublie » composé d'un poste de tir avec viseur infrarouge et d'un missile à autoguidage infrarouge passif et tête à charge creuse double, portée 4 500 m). De moyenne portée (2 000 m) : portables éventuellement, adaptés ou intégrés sur véhicules (exemple : Milan, poste de tir 23 kg, missile en conteneur 11 kg, filoguidé ; AC 3G MP avec lunette thermique, missile guidé laser, tête à charge creuse double). De courte portée (200 à 800 m) : exemples : LRAC (lance-roquettes antichar) de 89 mm ; l'Apilas (calibre 112 mm) perce 700 mm de blindage standard à 330 m ; ACCP Eryx (nom d'un serpent des sables) conçu par l'Aérospatiale : portée + de 600 m, poste de tir 8 kg, munitions 12,5 kg, long. 93 cm, vitesse départ 20 m/s, max. 260, utilisable la nuit avec un intensificateur de lumière, contre tous blindages modernes (perfore 900 mm d'acier), tirable à l'épaule et de l'intérieur d'une pièce. Livré 1993-94 ; Law-80 : conçu par Matra BAe Dynamics et Lockheed Martin ; portée 500 m ; poste de tir 9 kg (perfore 650 mm d'acier) ; sera remplacé en 2005 par NLAW (Next Generation Light Anti-Armour Weapon).

JCM (Joint Common Missile).   Programme confié à Lockheed Martin pour remplacer missiles antichars tirés d'hélicoptères (Helfire à guidage laser) ou Longbow (à autodirecteur millimétrique) et tiré d'avion (Maverick). Possède autodirecteur trimode (laser semi-actif, imagerie infrarouge et millimétrique), charge militaire multifonction [mode charge : traitement des blindages ; fragmentation : emploi contre des cibles variées (constructions, véhicules, petits navires)] ; pouvant être déclenchée après un retard pour exploser à l'intérieur des bâtiments fortifiés. Portée : 16 km (tiré d'hélicoptère) et 28 km (tiré d'avion).

Antimissiles.   Meads (Medium Extended Air Defence System) : projet de plus de 400 lanceurs en batterie et plusieurs milliers d'engins de + de 100 km de portée. Déclaration d'intention signée le 20-2-1995 à Bonn, par USA, All. et Italie prévoyant la mise au point pour 2005-2010 d'un système de défense sol-air pour remplacer le missile Hawk. Coût : 30 milliards d'€ [dont (en %) Amér. 50, Européens 50 (France 20, All. 20, Italie 10)]. SA 10 B (rebaptisé S300 PMU) : utilise des missiles Grumble (1 500 kg), haut. 7 m, à carburant solide, portée 45 à 150 km, cible : missile de croisière ou avion, batterie : 1 véhicule de commande et contrôle, radar tridimensionnel, 4 véhicules de lancements, munitions et maintenance. THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) : détruit les missiles (jusqu'à 150 km d'altitude dans un rayon de plus de 200 km) lors de leur rentrée dans l'atmosphère ; possibilité d'un second tir en cas d'échec. Composition d'une batterie : 5 lanceurs avec chacun 10 missiles, 2 postes de commandement, 1 radar (Ground-Based Radar, portée 1 000 km). Poids : 900 kg. Longueur : 6,17 m. 1987 projet proposé (Theater High Altitude Area Defense). 1992 Lockheed Martin remporte contrat. 1995-21-4/1999-2-8 11 essais (échecs). 2004-février nom actuel. 2005-novembre début d'une série de 14 tests (1er test global réussi 11-5-2006). SA 12 (1983) : 1re version. SA 12 A - Gladiator (1987) : efficace jusqu'à 100 km, alt. 30 km. Détruit en vol 1 engin ennemi 23 s avant impact sur cible, en cas d'échec peut l'atteindre avec 2 missiles « gladiateurs » 4 à 16 s après. SA 12 B Giant (1990) : efficaces jusqu'à 74 km, alt. 25 m à 26 km. Arrow (2000, Israël). Saam voir p. 1295 b. SBMD (Sea Based Missile Defense) : programme destiné à doter l'US Navy d'un bouclier antimissile à longue portée en 2006-08. Radar Spy-1 et GPS, missile SM-3.

Projets de défense antimissiles. France : Aérospatiale (en liaison avec le groupe italien : Alenia) à partir du missile Aster-30. Allemagne : TLVS (Taltische Luft Verteidigung System) pour remplacer les Hawk. USA : Corpsam (US Army's Corps Surface to Air Missile) Lockheed, associerait capacités des Hawk et Patriot.

Antinavires [ANS (antinavire supersonique)].   Famille Exocet (missile naval à préguidage inertiel, devenant autodirecteur à proximité de sa cible) : Exocet MM 38 (1974) mer-mer, portée de 42 km, Otomat (1978) mer-mer, 100 km, Exocet MM 40 (1980) mer-mer, 70 km. Développé par Aérospatiale (Fr.) et MBB (All.). Portée 200 km ; 3 000 km/h ; stratoréacteur (bénéficie des études sur l'ASMP). Harpoon 1D : portée 250 km. Tomahawk (version antinavire) portée 450 km. Missiles à très courte portée (environ 15 km) : Sea Skua, AS 15 TT-MM 15 et leurs dérivés peuvent être installés sur des plates-formes de lancement variées : bâtiments de 50 à 40 000 t, sous-marins, avions, hélicoptères, rampes côtières fixes ou même camions, donc accessibles à de petites nations. Certains missiles utilisant des conduites de tir optiques insensibles aux leurres et contre-mesures sont dangereux près des côtes ou dans les endroits resserrés.

Antiradars.   AS-37 Martel (Matra, Dassault et British Aerospace). Caractéristiques : vitesse 2 200 km/h ; portée 100 km, charge explosive : 150 kg ; attiré par les fréquences des antennes émettrices, se dirige de façon autonome vers les radars adverses. Opérationnel dès 1975 : utilisé 1 fois au combat en février 1986 sur la base de Ouadi-Doum, d'où les avions libyens s'envolaient pour bombarder des objectifs civils et militaires au Tchad. Pendant la guerre du Golfe, en 1991, les USA ont utilisé le missile Harm (High Speed Anti-Radiation Missile) qui porte à 50 km.

APTGD (Arme de précision tirée à grande distance).   Missile de croisière (air-sol subsonique) : projet lancé janvier 1995. Dérivé de la famille Apache construite par Matra. Peut franchir 400 km à très basse altitude, dispose d'un système de navigation autonome, précision 1 m à l'impact, emporte environ 400 kg d'explosifs. Coût de développement : 205 M€. En 1997 : 200 air-sol Apache livrés (coût global 4,5 MdF). Portée : 150 km. Largue des sous-munitions pour neutraliser les pistes d'aviation, disperse des mines qui interdisent à des blindés de progresser en sécurité. Faiblesse : sa quasi-obligation de prendre de la hauteur avant l'objectif le rend vulnérable à l'artillerie sol-air ; risques de retombées des éventuels débris sur les zones habitées. Version anti-infrastructure (missile air-sol) : Asura, missile supersonique à statoréacteur, conçu pour vol à haute altitude et forte vitesse, prolongement technologique de l'ASMP ; bonne pénétration des ouvrages bétonnés grâce à forte énergie cinétique ; portée 200 à 300 km ; précision 3 m à l'impact, système de navigation GPS. Faiblesse : repérable malgré sa vitesse par les radars basse fréquence ; un seul préavis d'arrivée du missile suffit pour se protéger à l'aide de systèmes de brouillage peu coûteux.

Asat (Anti Satellite System).   Système antisatellite aux USA.

ASMP (Air-sol moyenne portée).   Missile de portée moyenne (2 à 400 km) naviguant en route ou à basse altitude sur relief. Charge nucléaire tactique.

ATBM (Anti Tactical Ballistic Missile).  

Balistique.   Missile à charge nucléaire et à longue portée ; phase de sa trajectoire aux confins de l'atmosphère.

BMDS (Ballistic Missile Defense System).   Système de défense contre les missiles balistiques.

BMEWS (Ballistic Missile Early Warning System).   Système d'alerte avancé contre les missiles balistiques.

Bombes planantes.   UPAB-1500 (Universalnaya Planiruyushchaya Aviatsionnaya Bomba, 1 500 kg) également appelée K070 : destinée aux bombardiers russes nouveaux ou modernisés SU-34 (peut emporter 3 bombes Su-34 avec une nacelle Tekon), Su-24SM, Tu-22M3 ou Tu-160. Portée (tir à haute altitude) : 70 km (version guidée classique KAB-1500 20 km). Longueur : 4,5 m. Diamètre : 420 mm (section avant 350 mm). UPAB-500 : version réduite à 500 kg. Longueur : 3 m. Diamètre : 40 cm.

Autres bombes russes. KAB-500S : 1re bombe russe guidée par GPS. Poids : 500 kg. KAB-250L ou K045 : 250 kg.

Brilliant Pebbles   (cailloux brillants). Satellites qui pourraient intercepter, depuis leur orbite, des missiles intercontinentaux. 2005-06 : essais prévus.

Cruise Missile (Missile de croisière). USA.   Caractéristiques : engin propulsé par statoréacteur ou turboréacteur : long. : 6,33 m, diamètre : 50 cm, peut être tiré d'avion [ALCM (Air Launched Cruise Missiles) avec statoréacteur (poids 1,45 t), APTGD (voir ci-dessus)], de véhicules terrestres [GLCM (Ground Launched Cruise Missiles)] avec turboréacteur (poids 2 t) ou d'un navire de surface ou sous-marin (SLCM Tomahawk) avec turboréacteur [nouvelle génération Tactical Tomahawk (2002)]. Attaque à 8 000 m d'alt., coût 575 000 $ pièce. Longueur 6,40 m. Diamètre 0,53 m. Portée 2 500 km. Vitesse 700 à 900 km/h. Altitude de vol 15 à 80 m. Charges nucléaires de 200 kt ou de 100 kg d'explosifs classiques. Précision au but environ 10 m. Pouvoir de pénétration 5 m dans le béton, 10 à 50 m dans le sol, permet d'atteindre un silo contenant des missiles stratégiques. Guidage automatique vers l'objectif par : 1o) navigation inertielle par plate-forme gyroscopique classique ; 2o) Tercom (Terrain Contour Matching) permettant de se recaler régulièrement sur des repères géographiques fixes. Ce 2e système, rendu nécessaire à cause de la dérive propre du système inertiel (sensible sur une longue distance effectuée à faible vitesse) et des modifications inattendues des conditions atmosphériques (turbulences), effectue la comparaison entre la mesure du profil du terrain survolé par radar embarqué et la carte stockée en mémoire (relevée antérieurement par satellite). Sur 2 500 km, le recalage par Tercom peut être effectué de 5 à 10 fois et permettre des changements brutaux et imprévisibles de trajectoires. Mais, une fois lancé, le missile ne peut plus être rappelé. Intérêt d'une propulsion par réacteur : faible consommation (portée élevée sous un faible volume). Détection : difficile, car sa surface est faible et il se déplace de 20 à 60 m d'alt. en épousant le relief et en pouvant contourner les zones présumées bien défendues. Plus vulnérable en phase finale, surtout avec un système de détection et de défense adapté (avion radar type Awacs pour la détection, avions d'interception SAMP et SACP pour la défense). Pour se défendre contre ce type de missile, l'URSS aurait dû établir un dispositif coûteux (450 MdF) étanche seulement de 70 à 80 % (le missile pouvant provoquer une saturation des systèmes de défense). Améliorations : système de navigation passif (sans émission), grâce aux informations données par les 18 satellites du système Navstar GPS (opérationnel en 1987) ; version supersonique (phase finale) coût 8,5 Md$ pour 192 missiles ; missiles à longue portée utilisant la technologie « Stealth » (voir p. 1304 a).

France.  Scalp (construit MBDA) : missile à guidage hybride (GPS/infrarouge). MDCN (missile de croisière naval) : livraison prév. 2012.

EKV.   Véhicule tueur se séparant du missile d'interception à mi-course pour détruire le missile assaillant par impact (hit-to-kill).

Ex-URSS. Missile de croisière lancé du bombardier Backfire, essayé début 1979.

Fobs (Fractional Orbital Bombardment System).   Satellite qui, après une révolution partielle autour de la Terre, est guidé sur l'objectif. Exemple : programme soviétique d'une bombe nucléaire lancée par le missile SS-9 et placée sur une orbite terrestre à 160 km d'altitude (derniers essais 8-8-1971). Violerait le traité sur l'espace de 1967.

FSAF (Famille de systèmes sol-air futurs) : voir p. 1295 c.

ICBM (Intercontinental Ballistic Missile).   Portée 6 000 à 13 000 km. Expérimenté depuis 1951. Atlas, Titan I, Titan II (1965) : 54 en service, devraient être remplacés par des fusées propulsées par un combustible solide moins dangereux (explosion d'un missile à Searcy en 1965 et Damascus le 22-9-1980). Minuteman 2 (1964) : 450 installés, désactivés 1992-95 ; 3 (1975) : lancés depuis silos, 517 en service au 28-6-2004. Missile Peacekeeper/MX à 3 étages : 29 en alerte en 2004, démantelés 2005 ; coût du programme 36 milliards de $, 1er vol 17-6-1983. Long. 21,60 m ; diam. 2,40 m ; poids 90 t ; portée 13 000 km ; charge nucléaire 3,6 t (10 ogives de 335 kilotonnes chacune). Emplacement dispersé pour échapper aux satellites espions (4 600 silos, par groupe de 23 autour de 200 aires de déplacement) ; chaque missile est placé sur un camion adapté (long. 55 m, larg. 3 m, haut 3 m. ; poids 300 t ; vitesse 32-48 km/h). Précision des tirs 100 à 200 m. Durée (déploiement, lancement) 30 min.

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Pendant la guerre du Kippour (oct. 1973), 58 missiles Maverick, lancés par l'aviation israélienne, ont détruit 52 chars arabes (coût du missile moins de 10 000 $, coût du char T-62 environ 500 000 $). Au cours des essais du Harpoon, 19 tirs sur 21 ont porté au but à environ 100 km. Un mer-mer Condor de 200 000 $ peut couler un croiseur de 100 000 000 $. Le 4 mai 1982, durant la guerre des Malouines, un Exocet tiré par un Super-Etendard argentin a coulé la frégate britannique Sheffield (120 †).

La destruction d'une division soviétique (soit 400 blindés, 2 500 camions plus artillerie et moyens antiaériens) aurait nécessité 2 200 missions avec des avions équipés de bombes classiques de 250 kg, 330 avec le système MW-1, 50 à 60 avec le système Skeet, 20 à 30 avec les bombes nucléaires de 10 kt. Radar Pave-Mover pouvant « suivre » les véhicules circulant dans une zone de 100 km de côté et repérer 4 500 cibles en même temps. Mais des contre-mesures, parfois très simples, permettent de leurrer les armes sophistiquées (exemples : l'ordinateur du missile antichar à infrarouges Maverick peut être désorienté par des feux au sol ; le missile filoguidé Tow s'est révélé inefficace contre le char T-72 soviétique).

Conséquences possibles : décimés par les PGM utilisés massivement, les chars pourraient perdre leur rôle d'instrument de percée et redevenir l'arme d'accompagnement de l'infanterie. La guerre deviendrait plus statique et exigerait plus de fantassins.

Ronald Reagan, en nov. 1982, envisagea un « groupement serré » de 100 MX enterrés dans des silos espacés de 550-600 m (sur 72 km2), près de la base aérienne de Warren (Wyoming). Pour les détruire, il aurait fallu de nombreuses fusées ennemies (mais celles-ci se seraient gênées et détruites en partie à cause des radiations et débris causés par la 1re explosion) ou faire exploser au-dessus de l'atmosphère des charges de 5 à 10 mégatonnes toutes les minutes pendant 15 à 60 min (l'impulsion électromagnétique produite aurait brouillé communications et systèmes électroniques) ou envoyer des ogives qui se seraient fichées dans le sol avant d'exploser. Contre-projet : remplacer silos et camions par de petits sous-marins au large des côtes américaines [système SUM (Shallow Underwater Mobile)].

IRBM (Intermediate Range Ballistic Missile).   Portée de 2 400 à 6 400 km.

LRBM (Long Range Ballistic Missile).   Missile balistique à longue portée.

Marv (Manœuvrable Re-Entry Vehicle).   Missile à ogives multiples capable de changer de trajectoire en phase de rentrée pour éviter une interception.

Mirv (Multiple Independently Targeted Re-Entry Vehicle).   Missile à ogives multiples guidées vers plusieurs objectifs ennemis parfois éloignés de plusieurs centaines de km. Exemples : Minuteman-3 portant 3 têtes nucléaires de 170 à 200 kilos. Poseidon portant jusqu'à 14 têtes nucléaires. Polaris A-3. Trident. M4 (français) 6 têtes.

Missiles sol-air.   Nombre dans le monde (en 2005) : 750 000. Détenteurs : la plupart des pays et environ 30 organisations terroristes ou de guérilla dont al Qaida, Hezbollah, Front patriotique rwandais, Alliance nationale somalienne, Ira, Tchétchènes et Farc de Colombie détenant des SA 7, SA 14, SA 16, SA 18, Redeye ou Stinger.

Mol (Mobil Orbit Laboratory).   Projet américain abandonné d'un satellite armé.

MRBM (Medium Range Ballistic Missile).   Missile balistique de moyenne portée : 1 800 à 2 500 km environ.

MRV (Multiple Re-Entry Vehicle).   Engin à têtes nucléaires multiples sans guidage indépendant.

MSBS (Mer-Sol Balistique Stratégique).   Lancé par sous-marin. Missiles français : MSBS M 1 poids 18 t, diam. 1,50 m, long. 10,40 m, portée environ 2 500 km, charge nucléaire 500 kt ; durcissement : non ; aides à la pénétration : non ; mise en service fin 1971 ; retrait 1976. M 2 poids 20 t, diam. 1,50 m, long. 10,70 m, portée > 3 000 km, charge nucléaire 500 kt ; mise en service 1974 ; retrait 1979. M 20 poids 20 t, diam. 1,50 m, long. 10,70 m, portée > 3 000 km, charge thermonucléaire 1 Mt ; mise en service 1977. M 4 poids 35 t, diam. 1,93 m, long. 11 m, portée > 4 000 km, charge thermonucléaire 150 kt ; mise en service 1985. M 45 1er essai 14-2-1995, tiré devant Quimper à partir du Triomphant, point d'impact 23 min plus tard au large des Antilles à 4 500 km. M 51 en cours de développement.



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