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ENVIRONNEMENT

BRUIT > PROPAGATION DU BRUIT

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ASPECTS PHYSIQUES

Distance.   Cas d'une source ponctuelle : l'atténuation géométrique du niveau de pression est de 6 dB par doublement de la distance. On passera ainsi de 86 dB à 80 dB entre 10 m et 20 m, puis à 74 dB à 40 m. Par ailleurs, une partie de l'énergie sonore se dissipe dans l'air, et l'amplitude des vibrations et la hauteur du son augmentent ou décroissent au fur et à mesure du rapprochement ou de l'éloignement de la source (effet Doppler, sensible à partir d'une certaine vitesse).

Facteurs divers.   Sol réfléchissant (parkings, surface en béton, plan d'eau...) : le bruit décroît moins rapidement en fonction de la distance qu'à proximité d'un sol absorbant (pelouses et plantations, jardins, terre labourée, etc.). Les écarts peuvent aller jusqu'à 5 ou 6 dB (A) pour un récepteur situé à 50 m. Température : les sons se propagent d'autant plus rapidement que la température de l'air est élevée (loi : c = 20 √lT). Une modification de la décroissance des températures en fonction de la hauteur au-dessus du sol se traduit par un changement sensible de la propagation des bruits et peut provoquer des écarts de niveaux sonores allant jusqu'à 5 dB (A) pour une même source en un même point. L'impression qu'une chaleur « étouffante » l'est aussi pour les sons ou que l'air paraît plus « sonore » par une nuit claire et glaciale sont des effets acoustiques dus à un effet de réfraction. Vent : peut provoquer des écarts allant jusqu'à 15 dB (A) entre des points situés à une même distance d'une source. Mais, sur de longues périodes, la dose de bruit perçu varie peu d'un point à un autre, sauf vent largement dominant.

Indice d'affaiblissement.   Défini par 10 log 

1 / ζ
(ζ :coefficient de transmission de la paroi = puissance incidente/puissance transmise. Indice en dB (A) : béton (18 cm) 50 à 55. Briques pleines (11 cm avec enduit) 44. Verre multiple (4-6-10 mm d'épaisseur, lame d'air faisant 6 mm sur menuiserie étanche) 35 ; pour les basses fréquences (bruit de la circulation) 10 à 15. Plâtre (carreaux) pleins (7 cm) 34, creux 32. Porte palière 25 à 35 ; intérieure 15 à 20. Fenêtres à double vitrage (1 vitre extérieure de 10 mm, 1 intérieure de 4 mm, séparées par 6 mm) 40 à 45 (arrête peu le bruit routier aux composants sonores de forte intensité aux basses fréquences).

Lutte contre le bruit.   Méthode passive : matériaux absorbants ou réfléchissants. Efficace pour sons médiums ou aigus ; absorption active (basses fréquences, plus difficiles à éliminer) : méthode utilisée en particulier dans les casques antibruit. Consiste à générer une fluctuation de pression de valeur égale et d'amplitude opposée à celle du bruit. Les 2 ondes s'annulent en se superposant au même point, et le « contre-bruit » complémentaire absorbe le bruit principal. Bruit aérien : parois de masse élevée ou composite ; d'impact : dalle sèche flottante ou revêtement de sol souple. Pour choisir un revêtement adapté, vérifier son classement Upec (U = usure ; p = poinçonnement ; e = comportement à l'eau et à l'humidité ; c = tenue aux agents chimiques) ; d'équipement : désolidarisation et silencieux ; de l'extérieur : châssis étanches, doubles fenêtres (avec un espace d'au moins 12 cm entre les 2), vitres épaisses (mais le double vitrage est un isolant thermique, mal adapté à l'isolation acoustique). Murs : un vide entre 2 murs indépendants empêche la transmission des vibrations. On peut doubler les parois par des plaques de plâtre de 10 mm d'épaisseur sur lesquelles sont collés des panneaux de laine minérale ou de polystyrène élastifié de 40 à 100 mm d'épaisseur selon le besoin. Un matériau absorbant (liège, tentures) ne protège pas des bruits venant des appartements mitoyens. Le mobilier (tapis, sièges, armoires, lit, etc.) permet d'atténuer les bruits émis à l'intérieur de la pièce. Murs acoustiques à motifs dentelés (mis au point en 2003 par un laboratoire de Polytechnique et la Sté Colas). Toiture (peu étanche) : doubler de vermiculite ou laines minérales (200 mm).

EFFETS SUR L'ORGANISME

Les bruits, transformés en signaux nerveux, sont répercutés sur l'ensemble des systèmes physiologiques.

Oreille.   Voir p. 108 a.

Système nerveux.   Confort accoustique idéal : niveau sonore de 30 dB. Un fond de 35 dB (A) peut empêcher de dormir. Des crêtes de 60 dB réveillent 50 % des personnes. Troubles du sommeil : 1re partie de la nuit : prépondérance des stades de sommeil lent ou profond, assure la réparation physique. 2e partie : période de rêves, plus grande réparation nerveuse grâce à une activité électrique intense ; le sommeil est léger, les bruits peuvent entraver la réparation du système nerveux. Perturbation du sommeil chez les sujets exposés au bruit sur le plan professionnel [70-90 dB (A)] et sous l'effet des bruits subis pendant le sommeil.

Système cardio-vasculaire.  Le diamètre des vaisseaux et artères diminue au niveau des membres ; la pression artérielle augmente.

Système respiratoire.  Essoufflement et impression d'étouffement.

Appareil digestif.  Les glandes chargées de fabriquer ou de réguler des éléments chimiques fondamentaux pour notre équilibre général sont touchées.

Niveau sexuel.  Chutes de fécondité chez des rats et des souris de laboratoire soumis à des bruits de 80 à 90 dB (A).

Sur le plan psycho-intellectuel.  Baisse de vigilance après quelques heures d'exposition (pour une exposition de 1 à 2 heures : plutôt augmentation de la vigilance), difficulté de mémorisation ; chez l'enfant, répercussions sur l'apprentissage de la lecture et même sur le développement du langage. Le bruit, au-dessus de 60 dB (A) Leq, provoque le plus souvent une gêne psychologique.

Les infrasons agissent sur l'ensemble du corps. Ils provoquent une tension douloureuse au niveau de la tête, de la nuque, des globes oculaires, une sensation de constriction thoracique, parfois de mal de mer. Les ultrasons provoqueraient une perturbation des milieux liquidiens de l'œil, des céphalées et nausées, et des atteintes auditives avec acouphènes. L'effet détonant subi par une oreille exposée à moins de 2 m d'un baffle de 200 000 W peut entraîner une perte totale, voire définitive, de l'audition. Danger d'un traumatisme sonore continu et non explosif : dépend de l'intensité du son et de sa durée. Plus l'intensité est supérieure à 100 décibels, plus le temps nécessaire à la nocivité se raccourcit.



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