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XVIe SIÈCLE

La Pléiade.   Appelée la « Brigade », puis la « Pléiade » (1556), du nom de la constellation de 6 (7 pour les Grecs anciens) étoiles (filles d'Atlas et de Pléione) donné déjà à une réunion de poètes dans la Grèce antique : rejette la poésie à forme fixe héritée du Moyen Age, et vise à recréer le « grand lyrisme » imité de l'Antiquité (notamment les odes). Pierre de Ronsard (1524-85), Joachim du Bellay (1522-60), Jean-Antoine de Baïf (1532-89), Pontus de Tyard (1521-1605), Étienne Jodelle (1532-73), Rémi Belleau (1528-77), Jacques Peletier du Mans (1517-82) [Jean Dorat (1508-88) lui fut substitué dans la liste].

Humanisme.   Né au XVe s. en Italie, épanouissement en Europe au XVIe ; influencé par l'Antiquité gréco-latine. Jacques Lefèvre d'Étaples (1450-1537), théologien ; Guillaume Budé (1467-1540), philologue ; François Rabelais (vers 1494-1553) ; Jacques Amyot (1513-93).

XVIIe SIÈCLE

Préciosité.   Style littéraire importé d'Espagne [gongorisme, créé par Luis de Góngora (1561-1627)]. Recherche l'expression originale et compliquée de sentiments raffinés. Madeleine de Scudéry (1607-1701), Honoré d'Urfé (1567-1625), Voiture (1598-1648).

Exemples d'expressions passées de mode : achever : rendre complet ; aimer : avoir un furieux tendre pour ; balai : instrument de la propreté ; chandelle : supplément du soleil ; chapeau : affronteur des temps ; cheminée : empire de Vulcain ; chemise : compagne perpétuelle des morts et des vivants ; chenets : bras de Vulcain ; chien qui fait sa crotte : chien qui s'ouvre furieusement ; dents : ameublement de la bouche ; eau (verre d') : bain intérieur ; joues : trônes de la pudeur ; larmes : perles d'Iris ; main : belle mouvante ; se marier : donner dans l'amour permis ; miroir : conseiller des grâces, peintre de la dernière fidélité, singe de la nature, caméléon ; nez : porte du cerveau, écluses du cerveau ; peigner (se) : se délabyrinther les cheveux ; perruque : jeunesse des vieillards ; pieds : chers souffrants ; il pleut : le troisième élément tombe ; poissons : habitants du royaume de Neptune ; sièges : commodités de la conversation. Devenues courantes : bel air, un ajustement, avoir l'âme sombre, être aux antipodes de..., avantageux, les bras m'en tombent, le centre du bon goût, conditionné, les derniers confins, avoir une conversation avec quelqu'un, corps de garde, dauber, demeurée (l'intelligence), être du dernier bourgeois, donner dans le vrai, donner à la nature son tribut, une taille élégante, l'élément liquide, une intelligence épaisse, façonnée, des baisers fades, faire figure, flatterie, la force des mots, les incertitudes, incongru, indu, les insultes du temps, être l'interprète de, les inutilités, laisser mourir la conversation, les lumières d'un esprit, lustré, se lustrer, un mouchard, perdre son sérieux, une petite vertu, bien planté, à pleine bouche, la portée de la voix, un procédé, proprement, de qualité, remplir une solitude, selon moi, une vertu sévère, spirituel, le superflu, le surcroît, terriblement, tout, uni.

Quelques phrases : Inutile, ôtez le superflu de cet ardent, pour « Laquais, mouchez la chandelle ». Être de la petite portion pour « avoir peu de biens ». Vous m'encendrez et m'encapucinez le cœur pour « vous me témoignez une grande affection ». Portez les miroirs de l'âme sur le conseiller des grâces pour « Portez les yeux sur ce miroir ».

Burlesque.   Réaction contre la préciosité. Exprime des sentiments triviaux dans une langue truculente. Charles d'Assoucy (1605-75), Scarron (1610-60).

Classicisme (règne de Louis XIV).   Admiration des Anciens, goût de la rigueur et de la mesure [pour la tragédie, règle des 3 unités : un seul fait accompli (pas d'intrigues multiples), un seul jour, un seul lieu (pas de changement de décors) ; le Cid de Corneille, tragi-comédie, ne respectait pas ces règles], recherche de la pureté et de la clarté du style. Corneille (1606-84), La Fontaine (1621-95), Molière (1622-73), Pascal (1623-62), Bossuet (1627-1704), Boileau (1636-1711), Racine (1639-99), La Bruyère (1645-96). Prédécesseurs : Malherbe (1555-1628), Descartes (1596-1650) ; au XVIIIe s., Voltaire s'en réclamera.

Héros cornélien : il croit la volonté humaine plus forte que les impulsions de la sensibilité. Cette volonté est au service d'une morale (créant des devoirs : service du prince, respect d'une foi religieuse, honneur, loyauté envers un proche). Elle entre en conflit dans des situations dites cornéliennes avec le désir de vivre et l'amour individuel. Le héros choisit généralement de sacrifier sa vie et son amour à son devoir, parce que : 1o) son amour de la vie est en grande partie commandé par la morale (une vie déshonorée est sans valeur) ; 2o) son amour pour les êtres humains repose avant tout sur l'estime : on n'aime pas une personne sans vertu ; on n'a aucune chance d'être aimé si l'on est déshonoré. Le héros se sacrifie en sachant qu'il n'a rien de valable à perdre.

Principales situations cornéliennes : Chimène (le Cid) demande la mort de son fiancé, pour venger son père : Rodrigue avait renoncé à son amour en tuant (par devoir) le père de Chimène. Auguste doit compromettre son autorité pour épargner le conspirateur Cinna qu'il aime tendrement. Le vieil Horace doit sacrifier son seul fils survivant à la gloire de Rome. Polyeucte veut sacrifier sa vie à la gloire du christianisme ; sa femme Pauline sacrifie son amour vivant pour Sévère à son honneur de veuve de martyr. Eurydice sacrifie son amour pour Suréna aux intérêts du royaume d'Arménie, etc.

Héros racinien : fataliste, il sait la volonté humaine impuissante en face des pulsions de la sensibilité qui dépendent du Destin (le Fatum des Antiques). Cette volonté s'attache surtout à atteindre les objectifs des passions : passion amoureuse (Phèdre) avec comme conséquence le désir de vengeance (Hermione, dans Andromaque), jalousie (Roxane, dans Bajazet, Néron dans Britannicus), goût du pouvoir (Néron, Mithridate), fanatisme religieux (Athalie), ambition politique (le grand vizir Acomat, dans Bajazet), amour pour un peuple (Esther), maternel (Andromaque), paternel (Agamemnon, dans Iphigénie). Souvent, la volonté s'avoue trop faible pour résister à l'épreuve imposée par les circonstances : Agamemnon, placé dans une situation cornélienne (son devoir lui impose de sacrifier sa fille), écoute son cœur et tâche de faire évader Iphigénie. Bajazet choisit par amour sa propre mort plutôt que celle d'Atalide. Titus et Bérénice capitulent devant le Destin : il n'y a plus tragédie, mais élégie (lamentation sur la tristesse de la vie).

Jansénisme.   Expression littéraire de la doctrine attribuée à Jansenius (1585-1638), représentant une conception religieuse restrictive de la liberté humaine par rapport à Dieu. Défendu par Pascal.

Querelle des Anciens et des Modernes : controverses qui ont opposé, à la fin du XVIIe s., les Anciens : Boileau, Racine, Bossuet, La Bruyère aux Modernes : Perrault, Quinault, St-Évremond, Fontenelle, Houdar de La Motte. Leur opposition portait sur la réalité d'un progrès de l'intelligence et de la moralité générale.

XVIIIe SIÈCLE

Drame bourgeois.   Peint des professions et des relations au lieu de peindre des caractères (Beaumarchais, Diderot, Sébastien Mercier, Sedaine).

Encyclopédistes.   « Philosophes » subissant l'influence anglaise, rationalistes, anticatholiques combattant pour la tolérance religieuse et les libertés politiques. Esprit des Lumières (la lumière de la raison remplacera la lumière surnaturelle). Influents, ils occupent vers 1770 les sièges de l'Académie française. Maîtres à penser des révolutionnaires avec les rousseauistes. Voltaire (1694-1778), Diderot (1713-84), d'Alembert (1717-83).

Rousseauistes et préromantiques.   Font passer le sentiment avant la raison, sous l'influence de J.-J. Rousseau (1712-78) : Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814), Chateaubriand (1768-1848).

Salons littéraires (XVIIe et XVIIIe s.) : Rambouillet, Madame de (1588-1655) ; Lenclos, Anne, dite Ninon de (1616-1705) ; Tencin, Mise de (mère de d'Alembert) [1682-1749] ; du Deffand, Marie, Mise de (1697-1780) ; Geoffrin, Mme de (1699-1777) ; Lespinasse, Julie de (1732-76) ; Condorcet, Mise de (1764-1822) ; Staël-Holstein, Bonne de, dite Mme de Staël (1766-1817).

XIXe SIÈCLE

Romantiques (1er emploi du mot remonte à 1675).   Poussent le rousseauisme à l'extrême et recherchent l'infini dans l'exercice des émotions humaines, sous l'influence allemande : Mme de Staël (1766-1817), Benjamin Constant (1767-1830), Lamartine (1790-1869). En littérature, réaction contre l'idéal classique (véhémence au lieu de mesure) : Hugo (1802-85), Vigny (1797-1863), Stendhal (1783-1842), Balzac (1799-1850), George Sand (1804-76), Musset (1810-57), Alexandre Dumas (1802-70). Jusqu'à 1830 : individualisme (exaltation de la sensibilité, imagination ; culte du moi ; goût du pittoresque, de l'exotisme). Après 1830 : social (humanitarisme, vertus civiques, paix universelle). On appelle Jeune France les militants pour le romantisme, portant cheveux longs, barbe fourchue, pourpoint de velours, feutre mou, ou habit bleu ciel et culotte jaune de Werther.

Héros romantique : 1o) avant 1830, personnage aristocratique, individualiste, dédaigneux. Il éprouve le dégoût de la vie (René, de Chateaubriand) ou la tentation de la révolte (Manfred, de Byron), aspire à la solitude, au rêve, à l'amour sans espoir (« ver de terre amoureux d'une étoile »), à l'infini (sentiment religieux, sans appartenance à une religion) ; il comprend les voix secrètes de la nature, mais ne s'engage pas dans l'action par crainte de la malchance (il porte malheur à tout ce qui l'entoure).

2o) Après 1830, lancé dans le grand public, le héros romantique parle au peuple (et même pour le peuple ; il deviendra un « mage ») ; enflammé, il fait des prophéties sur l'avenir social de l'apostolat humanitariste, prône l'émancipation des nations (Pologne, Italie, Grèce) ; il met la poésie et l'histoire au service de l'action ; il prévoit le bonheur éternel des peuples par la République universelle. L'individualisme du héros aristocratique a pris la forme d'un attachement passionné à la liberté (qui aboutira plus tard au nihilisme et à l'anarchisme).

ux héros romantiques français : Corinne (Mme de Staël), Adolphe (Benjamin Constant), Jocelyn (Lamartine), Hernani, Quasimodo, Jean Valjean (Hugo), Rastignac (Balzac), Lélia (Sand), Lorenzaccio, Mardoche, Cœlio (Musset), Antony (Dumas).

Réalisme.   Réaction contre le romantisme. Recherche de la précision dans l'observation et l'analyse. Influencé par le développement des sciences biologiques, imprégné de philosophie positiviste : Comte (1798-1857), Taine (1828-93). « École de la sincérité dans l'art » : Champfleury (1821-89), Duranty (1833-80), Flaubert (1821-80).

Parnasse.   École poétique (à partir de 1852), condamnant le lyrisme personnel et recherchant une forme impeccable ; 3 recueils collectifs « le Parnasse contemporain » (1866, 71, 76) sont à l'origine du nom (montagne de Grèce, siège d'Apollon : symbolise la poésie classique) : Théophile Gautier (1811-72), Leconte de Lisle (1818-94), Banville (1823-91), Heredia (1842-1905), Sully Prudhomme (1839-1907), Coppée (1842-1908), Dierx (1832-1912). Verlaine (1844-96) et Mallarmé (1842-98), accueillis dans les 2 premiers recueils, furent exclus du 3e. Baudelaire (1821-67), qui y figure, n'est pas considéré comme parnassien. Principaux thèmes : histoire (tableaux pittoresques, scènes tragiques) ; géographie (exotisme) ; vie sociale (ton parfois moralisateur).

Naturalisme.   École groupée autour de Zola (1840-1902), née en 1880 avec le « Roman expérimental » de Zola et « les Soirées de Médan » (recueil collectif de nouvelles : Alexis, Céard, Hennique, Huysmans, Maupassant), fondant la vérité du roman sur l'observation scrupuleuse de la réalité, même dans ses aspects les plus vulgaires, et sur l'expérimentation : Maupassant (1850-93), les Goncourt (1830-70 et 1822-96), Céard (1851-1924), Paul Alexis (1847-1901), Huysmans (1848-1907). S'y rattachèrent : Alphonse Daudet (1840-97), Octave Mirbeau (1848-1917), Jules Renard (1864-1910), Jules Vallès (1832-85), Rosny (1856-1940), Paul et Victor Margueritte (1860-1918 et 1866-1942). Théâtre : Henri Becque (1837-99).

Décadents.   Nom donné (1885) aux futurs symbolistes par Gabriel Vicaire (1848-1900) et Henri Beauclair (1860-1919), dans leur satire les Déliquescences, poèmes décadents d'Adoré Floupette. Ils visaient les disciples de Verlaine, notamment Moréas (1856-1910) qui adoptera cette définition, créant deux revues éphémères : la Décadence, puis le Décadent (1886-89) auquel collaborent Barbey d'Aurevilly, Jean Lorrain, Mallarmé, Rachilde, Verlaine.

Symbolisme.   École poétique et dramatique composée surtout de disciples de Verlaine, se réclamant aussi de Baudelaire (qui a répandu la notion de « symbole »). Un poète doit s'efforcer, non de copier la nature, mais d'exprimer ce qu'elle a d'« ineffable », en l'évoquant au moyen d'images symboliques. Principaux poètes : Verlaine (1844-96), Mallarmé (1842-98), Moréas [(1856-1910), qui publia un manifeste le 18-9-1886 dans le Figaro], Vielé-Griffin (1863-1937), Régnier (1864-1936), Dujardin (1861-1949). Dramaturge : Maeterlinck (Belge) [1862-1949].

Roman-feuilleton.   Roman à épisodes né avec la Presse (1836) et le Siècle (1836), journaux populaires : Balzac, Bernède, Delly, Dumas, Dumas fils, Féval, Gaboriau, Leblanc, Lerouge, Leroux (G.), Montépin, Ponson du Terrail, Sand, Sue, du Veuzit, Zévaco.

Théâtre de boulevard.   Répertoire des salles du boulevard du Temple puis des grands boulevards de Paris (mélodrames, vaudevilles, pièces légères).

XXe SIÈCLE

Unanimisme (1906).   Doctrine créée par Jules Romains (1885-1972) et Georges Chennevière (1884-1927) : les groupes sociaux connaissent une vie psychique propre comme les individus qui les composent. PRINCIPAUX ROMANS : les Copains (1913), les Hommes de bonne volonté (1932-1946) de Romains. POÉSIE : la Vie unanime (1908) de Romains, le Printemps (1911) de Chennevière. THÉÂTRE : Knock (1923) de Romains. PROCHE : Charles Vildrac (1882-1971).

Dadaïsme.   But : selon Tzara : prouver que la poésie est une force vivante sous tous les aspects, l'écriture n'en étant qu'un véhicule occasionnel nullement indispensable.

Surréalisme   1916-5-7 Zurich, inauguration du cabaret Voltaire ; -8-7 choix du mot dada (au hasard dans le dictionnaire ?) ; -14-7 : 1re soirée dada. 1917-27-3 galerie dada ouverte ; -juillet 1er numéro de la revue Dada. 1924 1er Manifeste du surréalisme d'André Breton (1896-1966). 1925-26 rapprochement politique avec le groupe communiste Clarté ; Aragon (1897-1982), Breton, Eluard (1895-1952), Benjamin Péret (1899-1959), Pierre Unik (1909-45) adhèrent au Parti communiste ; Antonin Artaud (1896-1948) et Philippe Soupault (1897-1990) exclus (accusés « d'activité littéraire »). 1928 Breton publie Nadja et le Surréalisme et la Peinture, Aragon le Traité du style ; Vitrac exclu ; rupture idéologique avec Pierre Naville. 1929 2e Manifeste (Breton affirme l'autonomie du surréalisme). 1930-31 rupture progressive d'Aragon avec le groupe surréaliste de René Char (1907-88), Salvador Dalí et Luis Buñuel. 1933 dernier numéro du Surréalisme au service de la Révolution ; Breton, Eluard et René Crevel exclus du Parti communiste. 1935-39 Breton précise la Position politique du surréalisme. 1935 suicide de Crevel. 1938 Eluard rompt définitivement avec Breton qui s'exile à New York en juillet 1941 et revient en 1946 ; il est alors combattu par les communistes. 1969 l'Archibras, dernière revue surréaliste, disparaît. 1971 renouveau avec la Poésie électrique (Manifeste électrique aux paupières de jupes, signé par 16 jeunes poètes, dont Michel Bulteau, Matthieu Messagier, Alain Jouffroy).

École des Annales.   Inspirée de Durkheim ; privilégie l'étude des structures socio-économiques, des phénomènes collectifs et non plus celle des événements. Fondateurs : Lucien Febvre (1878-1956), Marc Bloch (1886-1944). 1929 (15-1) 1er numéro des Annales d'histoire économique et sociale, revue trimestrielle chez Armand Colin. 1946 deviennent Annales, Économies, Sociétés, Civilisations. Représentants : Fernand Braudel (1902-1985), Georges Duby (1919-96), Pierre Goubert (1915), Ernest Labrousse (1895-1988), Jacques Le Goff (1924), Emmanuel Le Roy Ladurie (1929).

Existentialisme.   Mouvement philosophique (Sören Kierkegaard, Danois, 1813-55) animant au XXe s. des romans, drames, essais : l'homme a conscience d'exister, mais son existence lui semble « absurde » et il se sent destiné au Néant (Angoisse). Principaux auteurs français : Gabriel Marcel (1889-1973), Sartre (1905-80), Camus (1913-60), Simone de Beauvoir (1908-86). Leurs personnages s'engagent dans l'action pour échapper à l'angoisse.

Nouveau Roman.   Application, au roman naturaliste, des techniques surréalistes permettant de reconstituer l'atmosphère des rêves : subjectivité (l'auteur brode autour d'un thème qu'il connaît sans le communiquer au lecteur), enchaînement « autistique » des faits (l'histoire ne se déroule ni chronologiquement ni logiquement ; chaque détail du décor peut amener un développement indépendant de l'action), pluriréalité des événements (chaque épisode peut signifier plusieurs choses simultanément). Depuis 1971 (colloque de Cerisy-la-Salle), 7 auteurs ont droit au titre de « nouveau romancier » : Butor (1926), Ollier (1923), Pinget (1919), Robbe-Grillet (1922), Nathalie Sarraute (1900-99), Claude Simon (1913-2005) et Ricardou (1932) [auteur du Nouveau Roman, 1973]. Techniques analogues : Claude Mauriac (1914-2000), Le Clézio (1940), Pascal Lainé (1942), Jean-Loup Trassard (1912), Henri Thomas (1912-93). Précurseurs (vers 1950) : Beckett (1906-89), Cayrol (1911), Marguerite Duras (1914-96).

Théâtre de l'absurde.   Genre comprenant aussi essais ou romans, et nommé parfois Littérature de dérision. Assume l'angoisse des existentialistes, généralement sur le mode bouffon : Beckett (1906-89), Adamov (1908-70), Ionesco (1912-94), Billetdoux (1927-91), Obaldia (1918), Marguerite Duras (1914-96, créatrice du roman-dialogue et du roman-poème).

Littérature dite « populiste »   (avant 1940) et

« prolétarienne » (après 1945).  Auteurs autodidactes, parlant des problèmes quotidiens des travailleurs. Précurseurs : Agricol Perdiguier (1805-75), Marguerite Audoux (1863-1937), Charles-Louis Philippe (1874-1909). Principaux « populistes » : Pierre Hamp (1876-1962), Henry Poulaille (1896-1980), Eugène Dabit (1898-1936). « Prolétariens » : Bernard Clavel (29-5-1923), Michel Ragon (1924).

Hussards.   Nom donné en 1952 par Bernard Frank à Roger Nimier (1925-62) [le Hussard bleu, 1950], Jacques Laurent (1919-2000), Antoine Blondin (1922-91), puis Michel Déon (1919), Kléber Haedens (1913-76), Félicien Marceau (1913) ; opposés à la littérature engagée, se signalent par leur humour et leur insolence. Culte de Stendhal, Morand, Gobineau, Fraigneau. La Parisienne (fondée par J. Laurent) reflète leurs idées.


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Cadavres exquis (Jeu). S'asseoir à 5 autour d'une table ; chacun note, en se cachant, sur une feuille de papier, un substantif (sujet), plie la feuille pour cacher le mot et la passe à son voisin de gauche. On note un adjectif ou un membre de phrase susceptible de le qualifier, on plie à nouveau la feuille et on la passe à son voisin de gauche qui notera un verbe. Il passe ensuite à son voisin de gauche, qui notera le substantif devant servir de complément direct et qui passera la feuille pliée au dernier, qui notera un adjectif ou un membre de phrase susceptible de qualifier le substantif ; on déplie alors la feuille de papier qui est lue. Exemple classique : « Le cadavre exquis boira le vin nouveau. » Jeu à 2 : chacun écrit une question, plie sa feuille et la passe à l'autre qui écrit la réponse sans avoir lu la question (par exemple : André Breton/Benjamin Péret : « Qu'est-ce que le jour ? » Une femme qui se baigne nue à la tombée de la nuit ; « Qu'est-ce que le viol ? » L'Amour et la vitesse).

Situationnistes.   Groupe formé en 1957, animé par Guy-Ernest Debord (1931-1994), séparé en 1952 du lettrisme d'Isidore Isou (1925), publie en 1967 la Société du spectacle ; fonde l'Internationale situationniste (12 numéros entre 1958 et 69) ; critique la société de consommation, dénonce la dictature de la représentation, marque les événements de mai 1968.

Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle).   1960-61 créé par François Le Lionnais (1901-84), Georges Perec (1936-82), Jacques Roubaud (né 1932), Raymond Queneau (1903-76). Étudie, développe et applique le principe de contrainte esthétique et de jeu formel aux structures du texte (lipogrammes) : règles alphabétiques, sémantiques, mathématiques, etc. Exemple : S + 7 (méthode mise au point par Jean Lescure en 1961) : on remplace chaque substantif d'un texte par le 7e qui le suit dans le dictionnaire. Œuvres : Perec la Disparition, la Vie mode d'emploi (1978), Queneau Cent Mille Milliards de poèmes, Exercices de style (1947-63), Roubaud le Grand Incendie de Londres (1989).

Tel quel.   Groupe d'essayistes décidés à créer un « structuralisme littéraire », et souvent proches des analyses marxistes [précurseur : Roland Barthes (1915-80)]. Tel quel, revue littéraire fondée en mars 1960 par Philippe Sollers (1936), Jean-Edern Hallier (1936-97) et 4 autres écrivains. Devint en 1966 philosophique et politique, recrutant notamment Marcelin Pleynet (1933), Denis Roche (1937), Jean-Pierre Faye (1925, démissionnaire en 1967, fonde Change qui abandonne la structuration pour la créativité). Sollers et les téliquéliens restent fidèles à l'écriture « percurrente » « hallucination réglée », décrite dans le manifeste Paradis (1977).

Poésie froide.   Créée 1973, contre le surréalisme, par 4 marxistes, auteurs de : De la déception pure : manifeste froid : Jean-Christophe Bailly, Serge Sautreau, Yves Buin, André Velter. Préconise une poésie mettant la réalité à nu, avec une rigueur glacée. Choisit ses sujets dans l'actualité politique.

Littérature au magnétophone.   Interview mise en forme littéraire.



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