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QUELQUES CONFRÉRIES

Ahl-el Haqq [« Ceux qui détiennent la vérité » (d'Allah)] : fondée par Sultan Souhak (IXe s.). Perse occidentale et Kurdistan. Croient à la métempsycose (rejetée par l'islam traditionnel), vénèrent un coq, tiennent en estime le chiffre 7 et jeûnent 3 jours en hiver. [esprud]Aïssaoua : fondée à Meknês (XVe s.) par (?) Sidi Al Hadi Ben'Aïssa (né 1456/66). Pratique du dhikr et de l'ascèse popularisée par danse, chant, performances physiques.Bektachiya : née en Anatolie (XIIIe s.) sous l'influence de Hajji Bektach, chiite duodécimain venu du Khorâssân (Iran). Trinité sacrée : Allah, Mohammad, [esprud]Alī ; martyrologie, 12 imâms, transmigration des âmes, quaternité des Livres de référence : Bible, Évangile, Coran et le Vilayet-Name, rédigé par le Maître de l'ordre.Chadhiliya : fondée par l'imâm Chadhili (1196-1258), né en Tunisie, qui aurait découvert le café. Maghreb, Arabie, Égypte et Comores.Idrissiya : fondée par Ahmad ben Idris (Idris Ier, † 792) qui bâtit Fês (789) et occupa Tlemcen.Khalwatiya : fondée par Omar al-Khalwati (XVIe s.). Principes : ascèse, retraite, évolution par le vide, d'où le mot khalwa. Influence : Proche-Orient, Afrique orientale (XIXe s.), Égypte.Koubrawiya : fondée par Nadjm ad-Dîn Koubra (Khorâssân, 1145-1221).Naqchabandiya : fondée XIIe s. par Mohammad Bahâ al-Dîn Naqchabandî (1317-89, Le Peintre). Influence sur les cercles soufis de Turquie, Inde et Asie. Influence actuelle : Caucase, Syrie, Anatolie, Chine, Turkestan, Kazakhstan. Prohibe le sama' (écoute mystique) et développe une technique particulière de dhikr.Qadiriya : fondée à Baghdad par Abdel-Qader-al-Jilani (1077 ou 1078-1166). Foyers vivaces aujourd'hui : Afrique de l'Ouest (Mauritanie, Maroc, Sénégal, Mali, Niger) et Proche-Orient (Syrie, Iraq).Qalandariya : fondée XIIIe s. par Jamal ad-Dîn As-Sawidji († 1218), né à Saveh (Iran). Tonsurés vivant de mendicité, sans domicile fixe.Rifa'îya : fondée par Ahmed ar-Rifa'î (1106-82). Au XIVe s., influence en Égypte, Turquie et Syrie. Culte des démonstrations publiques (se rouler sur un brasier, avaler des serpents, se flageller de verges hérissées de fléchettes, etc.).Sohrawardiya : fondée par [esprud]Abd-al-Qadir as-Sohrawardi († 1168) et Chihabou-ad-Dîn Sohrawardi (1145-1234). Influence en Iran, Afghanistan et Inde.Tijaniya : fondée 1782 par Abou al-Abbas Ahmed at-Tijani (1737-1815), cheikh algérien [tombeau à Fês (Maroc)]. Autres sectes ou confréries fondées au Maroc : Derkaoua, Cherkaoua, [esprud]Alawiyîn, Hamadcha, Gnaoua, Heddaoua et Naçiriya.

Mutazilites. VIIIe s. ; doctrine de l'ascète Wasil ibn'Ata († 748). Appel à la raison comme source de connaissance religieuse ; l'homme est libre de ses actes. Il existe un Bien et un Mal absolus, discernés non par Allah mais par la Raison. Conception d'un Coran qui ne peut être éternel comme Allah. Théorie adoptée par le calife abbasside Ma'mun qui l'impose (833) comme article de foi jusqu'à al-Mutawakkil qui se tourne vers théologiens orthodoxes pour combattre mutazilites et chiites (847).

Qadarites. Rejettent la prédestination : l'homme dispose d'un pouvoir particulier (qadar) pour décider de ses actes. Apparurent à Bassora fin VIIe s. Les Mutazilites furent qadarites.

Qarmates. Branche ismalienne fondée par Hamdan Qarmat (paysan d'Iraq). Dirigés par Abu Saïd al-Jannabi, prirent Bahreïn, rançonnèrent Damas et massacrèrent la population de Baalbek (903-906). Le fils d'Abu Saïd, Abû Tahû Sulaymân, occupa Bassora (923) et Kûfa (934). Mise à sac de La Mecque (930), s'empara de la pierre noire qui fut restituée 20 ans plus tard contre une forte somme. Déclinèrent au XIe s.

Mouridisme.   Communauté contestée par certaines confréries du soufisme ; fondée vers 1890 par le cheikh Ahmadou Bamba (1852-1927), au Sénégal, à l'époque française. Les Mourides considèrent le travail comme un moyen de sanctification aussi important que la prière. Ont créé des villages communautaires (pratiquant les techniques agricoles modernes) dont l'un est leur ville sainte : Touba. Pour eux, le Djihâd n'est pas violent et la femme joue un rôle capital dans la société. Pour la prière et la méditation, les femmes font cercle autour de la maîtresse, les hommes autour du maître. Adhérents : 3 000 000, surtout au Sénégal.

Sanûsiya.   Confrérie soufie fondée 1837 à Mazouna (Algérie) par Muhammad Ibn-Ali as-Sanûsi (1787-1859) qui a émigré à Koufra (Libye). Marquée par le wahhabisme, elle a lutté pour le retour aux sources de la foi, et a combattu contre la pénétration italienne en Libye, où se trouvait le centre de l'ordre des Sénoussis, dont le chef était à la tête d'un empire qui s'étendait jusqu'en Afrique centrale. Le chérif Idris (petit-fils du fondateur), défait par les Italiens en 1931, roi de Libye à son indépendance (1951), fut renversé en 1969 par Khadafi.

Soufisme, mysticisme.   Le tasawwuf, généralement traduit par « soufisme », désigne le mysticisme de l'islam avec ses aspects spirituels et ésotériques. Il se fonde essentiellement sur le Coran et la sunna (tradition). Ses manifestations, distinctes de la piété ordinaire, datent du IIIe s. de l'hégire. Pratiquement tous les saints dont on respecte la mémoire et dont on visite les tombeaux furent des soufis. En conflit avec les autorités religieuses, notamment à Baghdad sous les Abbassides [Hallâj (858-922) fut jugé hétérodoxe et mis à mort], réconcilié avec elles surtout depuis Ghazâlî (1058-1111), se développa. Parfois dégénéré pour n'être plus que maraboutisme ou fakirisme. Parfois mêlé à des mouvements politiques.

Confréries les plus importantes : Qâdiriya issue d'Adb-al-Qadîr al-Jîlânî (XIIe s.), saint de Baghdad ; Châdhiliya fondée par Abou'l-Hasan ach-Châdhilî (XIIIe s.) : nombreux adhérents en Afrique du Nord et au Proche-Orient ; Mawlawiya remontant à Jalâl ad-Dîn Rûmî (1207-73), célèbre par la danse cosmique des derviches tourneurs. Pratique caractéristique : le dhikr (ou souvenir de Dieu), invocations, litanies ou danses sacrées.

TENDANCES HISTORIQUES

Chiisme.   « Parti » (chi'at) groupant 10 à 13 % des musulmans du monde ayant leur propre école juridique (jafarite). Constitua un groupe séparé pour des raisons plus politiques que religieuses, estimant que la succession de Mohammad aurait dû revenir, non aux 3 premiers califes Abou Bakr, Omar et Othman reconnus par les sunnites, mais à [esprud]Alî († 661, époux de Fâtima), son cousin et son gendre, 1er imâm puis à ses fils Hassan († 680) [2e imâm] et Hussein (ou Husayn) [3e imâm] tué à Karbalâ (Iraq, 680), vénéré comme un martyr, Ali Zayn-al-Abidin [4e imâm], Muhammad al Bapir († 735) [5e], Dja'Far al Sadiq († 765) [6e], Mùsà al Kazhim († 799) [7e], Ali-al-Ridhà († 818) [8e], Muhammad al Jawàd († 835) [9e], Ali-al-Hâdi († 868) [10e], Hassan-al Askari († 871) [11e], Muhammad Al Duntazar al Mahdi († 878) [imâm, caché disparu dans les souterrains de Samarrâ]. L'idée que le pouvoir légitime ne saurait émaner que d'un imâm descendant du Prophète par sa fille, épouse d'[esprud]Alî, a entretenu dans le chiisme un élément de douleur et de tristesse et une méfiance envers tout gouvernement séculier. Les chiites vénèrent Fâtima, en particulier sa main, dont l'image attire la protection divine. Ils attendent la réapparition de l'« Imâm caché » à la fin des temps. Répartis en groupes divergeant sur nombre des imâms. Adhérents (en millions, est.) : 180 dont Iran 63, Pakistan 36,4, Iraq 14, Turquie 10,7, Yémen 5,7, Azerbaïdjan 5,7, Afghanistan 5,7, Syrie 2,4, Arabie S. 1,7, Liban 1,2, Koweit 0,7, Bahreïn 0,5.

Duodécimains   ou

imâmites.  Secte dominante en Iran, représentée en Iraq, Liban, Afghanistan, Russie, Pakistan et Inde ; croit à 12 imâms. Le 11e, Hassan al-Askari, descendant direct d'[esprud]Alî II (4e imâm, fils du 3e), aurait selon la légende épousé une princesse chrétienne convertie, Nargis Khatum, fille de l'empereur de Constantinople. Son fils, le 12e, Muhammad al-Mahdi, ou Imâm al-Mahdi disparaît jeune, sans doute assassiné en 873. D'après la prophétie, il devrait être le Mahdi, c.-à-d. le calife bien guidé, dont le retour (ayant lieu en même temps que celui du prophète Jésus) inaugurera une ère de justice et de bonheur. La plupart des chiites croient qu'il n'est pas mort et qu'il reviendra lui-même quand les Temps seront accomplis, d'où le nom de chiites duodécimains (Mahdi ou 12e imâm), qu'ont pris ses partisans [imâmiya (« ceux qui croient en 12 imâms »)].

Ismaéliens   ou

septimaniens (Afghanistan, Inde, Pakistan, Turquie, Afrique orientale).  Reconnaissent 7 imâms (le 7e étant Ismaïl († 755), fils du 6e imam et frère du mùsà). Les ismaéliens ont régné au Caire, leur activisme provoque leur chute, précédant la constitution au Xe s. du califat fatimide d'Égypte. Plusieurs branches, divergeant sur des points de doctrine, notamment celles des nizârites (voir ci-après), et des nusaïris ou alaouites de Syrie.

Ismaéliens nizârites (15 000 000 au Pakistan, en Inde, Syrie et Soudan).   Agha Khan (grand seigneur) : titre honorifique à la cour de la dynastie kadjare de Perse (1779-1924), devenu depuis 1881 celui du chef spirituel des ismaéliens nizârites. Groupe chiite septimain (aux 7 imâms) augmenté au XVe s. des Indiens khodjas (du persan khwadja, seigneur). Centre principal à Bombay. Chefs récents : Agha Khan Ier (1800-81) épousa Fulana (fille du châh de Perse Fath [esprud]Alî), 46e imâm, descendant d'[esprud]Alî et des anciens rois de Perse ; il établit son autorité sur les ismaéliens de l'Inde. Enterré en Égypte. Agha Khan II (1846-85), son fils. Agha Khan III (Muhammad Châh, 1877/11-7-1957), son fils, conseiller privé des rois d'Angleterre et fondateur de la Ligue panmusulmane de l'Inde ; obtint en 1919 qu'Istanbul ne soit pas rendue aux Grecs, mais laissée aux Turcs musulmans ; Pt de la SDN en 1937. Il fut l'homme le plus riche du monde (400 milliards d'anciens F) : il reçut de ses fidèles son poids en or (1936), diamants (1946) et platine (1954) ; il possédait une écurie de courses renommée. Enterré à Assouân (mausolée 1950). Il épousa 1o) Bégum Shahzadi, 2o) Teresa Magliano (1890-1925) dont Ali Khan, 3o) Andrée Carron (1898-1976) dont Sadruddin, 4o) 9-10-1944 Yvette Labrousse (Sète, 15-12-1906/1-7-2000 ; Miss Lyon 1929, Miss France 1930) connue comme la Bégum (la femme de l'Agha) avec le surnom populaire de Mata Salamat « mère de la paix ». Ali Khan [(1911/12-4-1960) épousa 1o) Joan Yarde-Buller (22-4-1908/22-4-1997), dont Karim qui suit et Amyn (née 1937) ; 2o) l'actrice Rita Hayworth (1919-87) dont Yasmina (1949), et divorcera]. Sadruddin Khan (17-1-1933/12-5-2003) haut-commissaire aux réfugiés (1966-77), marié 1957 à Nina Dyer (Angl., 1930-67), divorcé 1962. Karim Khan IV (13-12-1936/2003), 49e imâm, marié 1o) 20-9-1969 à Sarah Crocker-Poole [(Angl., née 28-1-1940, divorcée 1968 de lord Chrichton Stuart) devenue la Bégum Salima (dont Zahra née 12-9-1970, Raïm né 12-10-1971, Hussein né 1974)] dont il divorça le 23-3-1995 ; 2o) 30-5-1998 Gabriele Renate Homey-Thyssen [née 1963, divorcée en 1998 de Karl-Emich, Pce de Leiningen (Linange)] devenue la Bégum Imaara (dont Aly Muhammad, né 7-3-2000) dont il divorça en 2004 ; en 1967, il a créé à Genève une fondation (hôpitaux, écoles en Inde, Pakistan, Kenya) alimentée par la didar, contribution en espèces versée par chaque fidèle ; il a racheté pour 41 millions de F l'écurie de courses de Marcel Boussac. Pour son jubilé en 1982, il n'a pas reçu l'équivalent de son poids en platine.

Kharidjites (de kharaja, sortir).   Secte des « sortants » qui, dès 657, se séparèrent de la communauté majoritaire après être entrés en dissidence avec [esprud]Alî, 4e calife, à qui ils reprochaient sa compromission avec Mu'âwiya, fondateur de la dynastie omeyyade, lors de l'« arbitrage » de Siffîn. Leur communauté, connue pour son rigorisme, s'est perpétuée dans le cadre de la secte ibadite (remontant à Abdallâh, fils d'Ibâd, VIIe s.). Ceux-ci fondèrent en 761 à Tahert, « la Purifiée » (à 9 km de Tiâret, Algérie), une communauté prospère, la seigneurie rostémide (détruite en 909) dont les continuateurs sont les actuels Mzabites. Survivances à Mascate, Zanzibar, Djerba (Tunisie), Mzab (Algérie), sultanat d'Oman (d'où leur nom, parfois, d'Ibadites). 1 000 000 de membres.

Zaïdites (partisans de Zaïd, fils cadet du 4e imâm, [esprud]Alî Zayn al-Abidin).   Chiites modérés plus proches des sunnites, majoritaires dans le haut Yémen, croient à 5 imâms.

Sunnites   ou

orthodoxes.  Mettent l'accent sur la fidélité à la tradition (sunna) et se considèrent comme orthodoxes par rapport au chiisme. Ils reconnaissent les 4 premiers califes comme légitimes (Abou Bakr, Omar, Othman, [esprud]Alî) et désignent le successeur du Prophète (calife) par investiture (bai'a). Partisans de l'élection. Divisés en 4 écoles juridico-théologiques (voir Fiqh, p. 700 b). Constituent 85 à 90 % des musulmans. Position extrême : wahhabisme (voir ci-dessous).

Yazidiste (« adorateur du diable ») : du calife Yazid, responsable du massacre de Housayn (fils cadet d'Ali et martyr du chiisme). Mouvement hérétique du sunnisme. Invoque des traditions antérieures à l'islam (surtout le zoroastrisme iranien).

COURANT RÉFORMISTE

Salafiya.   Courant réformiste né au XIXe s. se réclamant des pieux « ancêtres » (salaf) et d'un certain modernisme, pour revivifier un islam en « stagnation » face à un Occident dynamique et puissant. Après l'Iranien Jamal al-Dîn al-Afghânî, partisan du panislamisme, l'Égyptien Muhammad Abduh (1848-1905), son disciple, élabora un réformisme théologique et culturel. Il épura l'islam, combattant superstitions et culte des saints en prêchant le retour à la foi originelle. Il chercha à développer l'enseignement des sciences occidentales et de l'histoire. Son œuvre fut poursuivie dans un sens plus nationaliste arabe par Rachid Ridâ († 1935) qui, avec la revue Al-Manâr (le Phare), propagea les idées de la Salafiya (Maghreb, mouvement réformiste des oulémas algériens ; Inde, « Ahl-il-Hadith » combattant les superstitions ; Indonésie, « Mohammadiya », 1912, œuvrant à approfondir l'islamisation du pays). Il en résulta la création d'universités modernes.

2e courant dit salafisme littéraliste : se réclame du penseur Ibn Taymiyya (XIIIe s.) et du cheikh Ibn al-Wahhab (XVIIIe s.). Rejette interprétations du Coran, démocratie et autres cultures et civilisations. Rituels stricts : la barbe ne doit pas dépasser 2 longueurs de main à partir du menton, le pantalon doit se porter au-dessus des chevilles, aucun contact avec une femme autre que l'épouse, 5 prières/j. A donné naissance (années 1970) au terrorisme jihadiste des sunnites. France : 5 000 partisans, 15 mosquées.

Tabligh.   Mouvement missionnaire en progression. Nombreux adeptes dans le monde.

Wahhabisme.   Mouvement religieux réformiste, issu du hahhalisme, fondé en Arabie par Muhammad ibn Abd al-Wahhâb (1703-91). Influencé par un courant réformiste, il s'éleva contre les pratiques jugées incompatibles avec la pureté de la religion et considérées comme des innovations (bid'a) blâmables, telles que le culte des saints et la visite de leurs tombeaux. Il s'attaqua aussi aux philosophes, aux soufis et aux chiites, accusés d'avoir introduit des innovations dans l'islam, et prêcha une foi rigoriste et une interprétation littérale de la Charî'a. Au XIXe s., l'émir Muhammad ibn Saoud, gagné à la cause wahhabite et désireux de la répandre dans le monde musulman, entraîna ses guerriers à la conquête de l'Arabie alors sous domination ottomane. Il réussit à la soumettre presque entièrement, puis il parvint à Baghdad et à Damas, mais fut vaincu par le calife. Le wahhabisme restait toutefois vivace et c'est en son nom qu'Ibn Saoud fonda le royaume d'Arabie saoudite en 1932.

Le succès des doctrines fondamentalistes vient du fait que le modernisme et les idéologies nationaliste, libérale, socialiste importées ont échoué. Pour les peuples du tiers-monde qui estiment perdre leur âme par une modernisation excessive, l'islam apparaît comme faisant cause commune avec la leur.


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Déclaration islamique universelle des droits de l'homme. Proclamée officiellement le 19-9-1981, à Paris (Unesco) par Salem Azzam, secr. général du Conseil islamique. Composée de 23 articles, elle ne doit, en principe, être transgressée par aucun gouvernement islamique. Outre le droit à la vie, sont reconnus les droits à la liberté ; à l'égalité et à la prohibition de toute discrimination ; à la justice ; à un procès équitable ; à la protection contre l'abus de pouvoir et contre la torture ; à l'honneur et à la réputation ; à la liberté de déplacement et de résidence ; et à 13 droits politiques et sociaux : droit d'asile, des minorités, droit et obligation de participer à la conduite et à la gestion des affaires publiques, droit à la liberté de croyance, de pensée et de parole, à la liberté religieuse, droit de libre association, droits découlant de l'ordre économique, droit à la protection de la propriété, à la sécurité sociale, statut et dignité des travailleurs, à l'éducation, droit de fonder une famille, droit de la femme mariée, et droit à la vie privée.

TENDANCES RÉCENTES

Ahmadiyya.   Mouvement fondé le 23-3-1889 par Hadrat Mirza Ghulam Ahmad (1835-1908), de Qadian, Inde, qui se présenta comme le Mujaddid (réformateur) du XIVe s. de l'hégire, l'Imâm Mahdi ou Messie promis ; représenté par son 5e calife, Hazrat Mirza Masroor Ahmad. Adhérents (août 2004) : environ 200 millions dans plus de 190 pays (All. : plus de 50 000 ; G.-B. : plus de 15 000). Adresse en France : 54, rue Louis-et-Gérald-Donzelle, 95390 Saint-Prix. Considéré aujourd'hui comme hérétique.

Frères musulmans   (Jami[esprud]iya al-Ikhwan al-Muslimin). 1928 parti politique créé en Égypte par l'instituteur Hassan el-Banna (14-10-1906/12-2-1949, assassiné). Inspiré par la Salafiya, il veut aussi mettre en pratique ses idées et s'adresse à toutes les catégories sociales, gagnant à sa cause une bonne partie de la jeunesse ; vise à lutter contre toute emprise étrangère dans les pays musulmans et à retourner aux sources de la religion du Prophète, rejette toute imitation du modèle occidental, origine de la corruption et de la déchéance du monde musulman, veut édifier une société islamique idéale [« pas de Constitution si ce n'est le Coran » ; la choura (conseil), dont les membres représentent la communauté et élisent le chef de l'État, contrôle ses actes et légifère avec lui], abolir la prostitution, interdire les écoles mixtes, organiser la zakât (aumône publique) et la propriété privée, interdire l'usure, lutter contre les fausses confréries, limiter la polygamie, laisser libres les écoles juridico-théologiques. 1932 l'organisation se politise et, grâce à ses cellules implantées notamment en Égypte, menace le régime. 1948 dissous par le gouvernement égyptien, les Frères répliquent par l'assassinat du Premier ministre Nokrachi Pacha (28-12). 1949-12-2 el-Banna tué par la police égyptienne, mais la confrérie continue une vie clandestine ; 1951 reprend ses activités au grand jour. 1952-23-7 les « Officiers libres » de Néguib et Nasser, en contact avec les Frères, prennent le pouvoir et cherchent leur collaboration. 1954-oct. déçus dans leurs espoirs de voir s'instaurer un régime islamique, les Frères attaquent le gouvernement et fomentent un attentat contre Nasser ; la confrérie est dissoute, les Frères arrêtés et des exécutions spectaculaires ont lieu (1954, 66, 74, 78, 80 et 81). Cependant ce parti continue de se manifester, souvent avec violence (1981, affrontements au Caire avec les coptes : 14 †, 54 blessés ; -6-10 assassinat du Pt Sadate imputé aux Frères). Il donnera naissance à des groupuscules plus extrémistes : Takfir wa Hidjra, etc. 2005 ont 88 députés élus en Égypte.


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Principaux lieux saints. COMMUNS : ARABIE : La Mecque (plus de 2 000 000 de pèlerins par an), Médine, Cham. ISRAËL (et Territoires occupés) : Jérusalem. CHIITES : IRAN : Mechhed. IRAQ : Nadjaf, Karbalâ, Kazimeyn.

UNIVERSITÉS ISLAMIQUES PRINCIPALES

Abréviations :  Fac. : faculté, U. : université.

Afghanistan : Fac. de théologie de Kaboul (fondée 1856). Algérie : U. Abdelkader à Constantine (1983). Égypte : U. Azhar du Caire (973, réformée 1936 ; Fac. de théologie 1945, de droit musulman 1946). Inde : U. Dârul-aboum Deoband (1870) ; U. islamique Alighar (1877) ; Nawat Al-Ulama (1898). Iran : Meched (bibliothèque XVe s. ; U. 1939) ; Fac. des études islamiques à Qom ; Fac. de théologie à Téhéran. Maroc : U. Qaouyine à Fês (IXe s., réformée 1936). Nigeria : U. Ahmadu Bello Zaria. Pakistan : U. d'Islamabad (1980). Arabie saoudite : Ar-Riyâd, U. Mohamed Ben Saoud ; U. Médine. Soudan : U. Oum Darman. Syrie : Damas (1920). Tunisie : Fac. Zaïtouna à l'U. de Tunis (Xe s.). Turquie : Fac. de théologie d'Ankara (1949) ; Marmara à Istanbul.



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