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BOUDDHISME INDIEN
Sens du mot bouddha (en sanskrit « éveillé »). Titre donné à l'ascète indien Gautama qui s'était « éveillé » à la Vérité, découvrant alors la réalité cachée aux yeux des hommes par le voile épais de l'ignorance. L'Éveil (bodhi) est le but visé par tout bodhisattva (être recherchant l'Éveil) c'est-à-dire futur bouddha.
Origine. Siddhârtha (que ses disciples qualifieront de bouddha) né vers 563 avant J.-C. à Lumbini, Népal (n.c.) 300 km de Patna ; son père résidait dans la capitale, Kapilavastu (ou cité de Tilaurakot, au Népal, à 100 km au sud du Tibet ; vestiges découverts en 2000) ; de la lignée guerrière des Gautama (du clan des Shâkya) ; appelé plus tard Shâkya, Shâkyamouni. Délaissant sa femme et la cour du roi son père, il part vers le Gange à la recherche d'une voie qui répondrait aux problèmes de la souffrance ; ne la trouvera ni auprès des lettrés brahmanes, ni auprès des « renonçants », mais au cours d'une méditation sous un arbre bo (banian, figuier pipal) à Uruvilva près de Gaya dont il ressort transfiguré, au stade de l'Éveil ; il prêche cette Voie et se rend à Bénarès. A Sarnath (près de Bénarès), dans le Parc des gazelles, il prononce son 1er sermon qui devient la base de sa doctrine. Après 40 ans d'errance et de prédications, il meurt à 80 ans (v. 483 av. J.-C.) près de Koushinagar (non loin de Gorakhpour), et sera incinéré. Ses cendres furent divisées en 8 lots gardés dans 8 pays. En 1981, l'un d'eux (boîte de 4 × 5 cm) aurait été retrouvé au temple de Yunju, à 75 km de Pékin. Grâce à la conversion et au zèle de l'empereur Açoka (milieu du IIIe s. av. J.-C.), le bouddhisme se répandit dans le sous-continent indien et à Ceylan. Plus tard, il atteignit le Sud-Est asiatique et l'Insulinde par la mer, l'Asie centrale, la Chine (IIe s. apr. J.-C.), la Corée, le Japon (religion d'État en 587), le Tibet (VIIe s.) et la Mongolie (XIIIe s.) par voie de terre. Partout, il sut s'adapter aux cultures et mentalités. En Inde, il se développa jusqu'au VIIIe s. puis déclina et disparut au XIIIe s. suite à l'invasion musulmane.
Doctrine fondamentale (dharma : littéralement, « ce qui soutient »). Base : repose sur 2 croyances indiennes prébouddhiques :
1o) tous les êtres vivants renaissent après la mort et traversent une série infinie d'existences parmi les hommes, les dieux, les animaux et les damnés.
2o) A chacune de ces renaissances, sa part de bonheur ou de malheur est déterminée par la valeur morale des actes accomplis dans les vies précédentes, selon une justice immanente, automatique et inéluctable. Les 4 nobles vérités : découvertes par le Bouddha :
1o) Toute forme d'existence est par nature pénible et décevante, malgré les moments de bonheur.
2o) L'origine de la souffrance est la vision erronée des choses qui entraîne avidité et haine.
3o) La cessation de cette avidité et de cette haine conduit à l'Éveil.
4o) L'Éveil peut être réalisé en pratiquant l'éthique, la méditation, la concentration et la sagesse (ou vue pénétrante). L'Éveil parfait et complet, le « Salut bouddhiste », est un état de béatitude éternelle, transcendante et inconcevable à l'esprit des hommes : Nibbâna (en pâli), Nirvâna (en sanskrit).
Autre enseignement : les phénomènes obéissent à des lois de causalités complexes et ne sont pas permanents. Les êtres sont soumis à un « destin causal » et non au hasard, au fatalisme ou à une quelconque justice divine. Les phénomènes ont une réalité relative mais n'existent pas dans l'absolu. Le bouddhisme se meut entre deux vérités, deux réalités, relative et absolue, le continuum de conscience « passe » d'une vie à la suivante, poussé par la force « émotionnelle » des actes. Il n'y a aucune notion d'âme immortelle ou de Dieu créateur.
« Moines et bodhisattva » : le Chemin de l'Éveil peut se réaliser en suivant une voie monastique (theravâda ou Petit Véhicule) ou en empruntant la voie (mahâyâna ou Grand Véhicule) du bodhisattva (être voué à l'Éveil) pour moines ou laïques.
Prescriptions pour les fidèles (notamment dans le theravâda) : les laïques aident monastères et moines et reçoivent en retour des bénédictions et les enseignements des textes sacrés.
Culte bouddhique. Origine : la vénération des premiers adeptes envers le Bouddha et ses plus saints disciples s'est transformée en culte, à cause des habitudes religieuses des laïcs, et parce que ses manifestations étaient regardées comme des bonnes actions permettant d'accumuler les mérites. Objet : ce culte s'adressait d'abord au Bouddha Gautama, à sa doctrine et à sa communauté monastique, puis il s'étendit aussi aux divers bouddhas qui l'avaient précédé et aux bodhisattva qui devaient lui succéder. Les innombrables divinités indiennes, considérées comme des protectrices zélées du bouddhisme, parurent dignes de recevoir hommages et offrandes des fidèles laïcs. Formes : empruntées au culte indien prébouddhique, en retranchant ce qui était incompatible avec la doctrine bouddhique et notamment avec sa morale (comme les sacrifices sanglants). Elles consistent en divers gestes et attitudes de vénération, en offrandes de fleurs, parfums, lampes allumées, musique et chants de louanges, en audition et récitation de textes sacrés attribués au Bouddha, et en méditations. A cela s'ajoutèrent très tôt le culte des reliques et les pèlerinages aux Lieux saints. Au cours des siècles, le culte s'est développé et compliqué, parfois jusqu'à l'exubérance, par l'adjonction de pratiques plus ou moins symboliques empruntées à l'hindouisme.
Évolution du bouddhisme indien. 3 groupes principaux : les 2 premiers sont appelés Véhicules (yâna) ou moyens de progression sur la Voie de la Délivrance.
Petit Véhicule (hînayâna). Theravâda : le plus ancien, le plus fidèle aux enseignements du Bouddha. « Enseignement des Anciens » ; florissant au Sri Lanka, en Thaïlande et Birmanie, et naguère au Cambodge, au Laos et une partie du Viêt Nam. Il existe des écoles (la couleur de la robe des moines peut différer, l'enseignement est identique). La littérature en pâli, langue dérivée du sanskrit à l'époque du Bouddha, apprend la méthode pour devenir des arhants (hommes méritants), ayant atteint le nirvâna. Il n'y a pas de place pour la croyance mais seulement pour la compréhension, l'expérimentation. La méditation, vipassana, amène à une vision pénétrante des choses et des phénomènes tels qu'ils sont.
Grand Véhicule (mahâyâna) : apparu à la fin du Ier s. av. J.-C., a produit de nombreux textes sanskrits. Exhorte ses adeptes à devenir, non pas des arhant, mais des bodhisattva, en portant à leur perfection (pâramitâ) l'exercice des vertus, notamment en aidant et secourant les autres êtres, sans épargner leur peine ni leur vie, et en retardant leur propre réalisation de l'Éveil jusqu'à ce que tous les autres l'aient atteint eux-mêmes. La plupart de ses fidèles ont une vénération particulière pour le bodhisattva Avalokiteshvara, dont la compassion sans limite et toujours active leur sert de sauvegarde et modèle. D'autres vouent un culte exclusif au bouddha mythique Amitâbha (Lumière infinie), qui accueille, dans son paradis nommé Sukhâvatî, tous ceux qui ont eu même une seule pensée de respect à son égard. ÉCOLES DE PHILOSOPHIE : Mâdhyamika, fondée par Nâgârjuna (IIIe s.), démontre et enseigne que tout est « vide » (shûnya) de nature propre derrière le monde illusoire auquel croient et s'attachent les êtres ; Vijñânavâdin, fondée par Asanga (fin du IVe s.), réduit tout, êtres et choses, à la pure conscience (vijñâna) virtuelle, vide elle-même de nature propre comme de tout contenu autre qu'illusoire. Les penseurs du mahâyâna voulaient aider leurs disciples à se détacher des objets, des passions et des erreurs en prouvant l'irréalité de ceux-ci. En soutenant la thèse de la vacuité de nature propre, intermédiaire entre l'être et le néant, ils rejetaient l'accusation de nihilisme lancée par les autres philosophes indiens. Voir Zen., p. 708 a.
Tantrisme bouddhique : appelé ainsi parce que sa littérature, en sanskrit, est constituée d'ouvrages nommés tantra. Ensemble d'écoles mahayanistes qui se sont diffusées plus amplement à partir du VIIe s., différentes les unes des autres par leurs doctrines et leurs pratiques religieuses, où l'on note une forte influence de l'hindouisme, qui subit à la même époque une évolution parallèle. Spécificités : un panthéon (ensemble de divinités) riche et complexe et en des activités rituelles, où symbolique, méditation et yoga exercent des fonctions déterminantes (principe d'identité universelle fondé sur la doctrine de la vacuité).
BOUDDHISME TIBÉTAIN
Origines. Forme du bouddhisme tibétain et mongol, depuis l'introduction du tantrisme bouddhique au Tibet par Padmasambhava (VIIIe s.) qui triompha de la religion autochtone, le Bôn. Bonnets rouges : 3 branches anciennes [Nygma-pa (anciens) fondée par Padma-Sambhava au VIIe s. ; Sakya-pa (monastère principal) fondée par Khön Chog Gyalpo (1034-1102) ; Kagyü-pa (ceux de la tradition orale) fondée par Milarepa au XIe s., le plus grand des ascètes tibétains pratiquant le bouddhisme sous la forme du Vajrayâna tantrique]. Groupées en monastères ou lamaseries (gompa), elles s'articulent en une hiérarchie sacerdotale composée de lamas et de moines. Un lama peut être moine (avoir fait tous les vœux monastiques, plus de 200, figurant dans le vinaya, énonçant les règles de disciplines), ou laïc. Un moine ordinaire est appelé « gelong ». Chaque gompa est dirigé par un khenpo (abbé) qui peut être un rinpoché (être réincarné) ou tulkou, reconnu comme tel grâce à une procédure traditionnelle.
Bonnets jaunes (surnom donné par les Chinois) ou Gelug-pa (branche vertueuse) : branche la plus nombreuse (3 monastères principaux groupés à Lhassa : Debung, Sera, Galdan). Axée sur la réforme entreprise par Tsong- ka-pa (1356-1418) qui a imposé le célibat et réduit l'aspect tantrique de la doctrine. CHEF SPIRITUEL : le dalaï-lama (signifiant « océan de sagesse »), considéré comme une réincarnation du bodhisattva Avalokiteshvara (le Seigneur qui regarde en bas). Le 5e dalaï-lama, Ngawang Lobzang Gyatso (1617-82), cumulant ainsi pouvoirs spirituel et temporel, a établi la dynastie théocratique qui régna à Lhassa jusqu'en 1959, et érigé le Potala, palais-monastère. Il fut reconnu et anobli par l'empereur de Chine (dynastie Tsing). Depuis, le dalaï-lama est considéré comme l'un des 2 pontifes du bouddhisme tibétain en Mongolie et au Tibet, le 2e étant le tashi-lama (lama qui est un joyau), incarnation du bouddha Amitâbha (Lumière infinie). Actuel dalaï-lama tibétain, Sa Sainteté Tenzin Gyatso (né 6-7-1935) ; 1935 choisi par les sages 5 jours après sa naissance ; 1937 reconnu comme 14e dalaï-lama (le 13e Thupten Gyatso, † 1933 à 57 ans) ; 1959-31-3 quitte le Tibet ; se réfugie à Dharamsala (Inde) avec 100 000 fidèles, après l'échec d'un soulèvement antichinois, préparé depuis 1950 (la Chine communiste annonça la dissolution du gouvernement tibétain qu'il dirigeait) ; 1964 proclamé « traître » par la Chine ; 1977 son adjoint, le panchen-lama († 28-1-1984, vice-Pt de l'Assemblée nationale populaire), rallié à la Chine, l'invite officiellement à revenir au Tibet. Il a réservé sa réponse, menant une action diplomatique en faveur du Tibet par des voyages : Mongolie, Japon, URSS, USA, Suisse, Italie, Espagne, France (reçu 6-10-1982 à l'Hôtel de Ville de Paris : la Chine a protesté) ; 1986-3-2 rencontre en Inde le pape Jean-Paul II ; 1989 prix Nobel de la paix ; 1989-avril, 1993-sept., 1996 et 1997 visites en France.
Le 17-7-1993, les Chinois chargèrent Chadrel Rimpoché de retrouver, avec une délégation de moines, la réincarnation du 10e panchen-lama (« grand érudit » ; 2e autorité spirituelle). Rinpoché communiqua secrètement au dalaï-lama une liste et, le 14-5-1995, celui-ci désigna Gedhun Choeki Nyima (6 ans). La Chine arrêta ce dernier peu après en invoquant un traité du XVIe s. conférant aux empereurs mandchous de la dynastie Qing le droit de choisir le panchen-lama, et convoqua une assemblée de moines tibétains qui, le 6-11 à Pékin, désigna par un tirage au sort un autre garçon de 6 ans, Gyatsen Norbu (fils de fidèles du parti communiste tibétain) ; le 8-12 il fut intronisé 11e panchen-lama.
Sakya Trizin : chef de l'école des Sakyapas et descendant d'êtres célestes venus sur terre. Le 1er fut Khön Chog Gyalpo qui établit le 1er monastère Thubten Lhakang Chenmo en 1073 à Sakya (Tibet). Sachen Kunga Nyingpo fonda en Mongolie de nombreux monastères et fut le 1er lama qui gouverna le Tibet. Lui et ses fils, Sönam Tsema et Dakpa Gyaltsen, son petit-fils, Sakya Pandita, et le neveu de ce dernier, Chögyal Phagpa, furent les 5 Jetsuns, les 5 maîtres suprêmes. Dernier et 40e Sakya Trizin au Tibet : grand lama Ngawang Thuthob Wangchub ; actuel chef de l'école Sakya-pa en exil : Sa Sainteté le 41e Sakya Trizin, [il vit à Dehra Dun (Inde)].
Karmapa : chef de l'école des Kagyupas, réincarnation d'un sage né en 1100 et reconnu comme bodhisattva (« un être d'Éveil ») par Gampopa, disciple et héritier spirituel de Milarepa. En 1993, le dalaï-lama a reconnu officiellement comme 17e karmapa Ugyen Trinley Torje : s'est enfui le 29-12-1999 de Tsurphu (à 60 km de Lhassa), passa par le col de Nangpa (Népal, 5 716 m) et a rejoint Dharamsala (Inde) le 5-1-2000 ; a obtenu le statut de réfugié en février 2001, est assigné au monastère de Gyuto. Quelques jours après son départ, les Chinois consacrent « leur » renaissance du régent de Reting, dont l'une des précédentes incarnations participa à la reconnaissance de l'actuel dalaï-lama.
Oracle de Nechung : oracle d'État, médium entre le monde terrestre et celui des esprits ; promu, par le 5e dalaï-lama, protecteur du gouvernement tibétain et responsable de la paix et de l'harmonie sur Terre. Peut être consulté par le dalaï-lama sur les questions temporelles et spirituelles.
En Mongolie, le bouddhisme a pris un aspect magique par emprunt au chamanisme (voir p. 709 c). Il a recours aux pratiques magiques mises au service du bouddhisme populaire. Dernier bouddha vivant de Mongolie intérieure : Changchia Hutukhtu Lozang Paldan Tanpei Dronme, réfugié à Taïwan en 1949, mort à Taïpei le 4-3-1957. Il avait été remplacé par le lama Thubten Yeshe († 1984, à Los Angeles). Lama désigné : Osel Hita Torres [né 12-2-1985 à Grenade (Esp.) de parents espagnols convertis au bouddhisme en 1977] vit au Népal, avec son père seulement, qui est devenu moine.
Statistiques. Lamas : avant 1959 : 100 000, regroupés dans 2 000 lamaseries (provinces du Tibet, du Sik'ang et du T'sing-hai).
BOUDDHISME JAPONAIS
Origine. Introduit au Japon par vagues successives, depuis la Chine, entre le VIe et le XIIe s. Comprend des ordres principaux, souvent divisés en plusieurs sous-ordres : Ritsu (Discipline) ; Hossô ; Kegon ; Tendai ; Shingon ; Yûzû nembutsu ; Jôdo ; Jôdo shin ; Rinzaï ; Sôtô ; Obaku ; Nichiren ; Ji.
ZEN
Origine. École de méditation bouddhiste, connue en Chine sous le nom de Ch'an (japonais : Zen, du sanskrit : Dhyâna, « concentration »). A partir du Ve s., elle est une des principales écoles du Grand Véhicule.
Écoles principales. AU JAPON : 3 (depuis le XVIIe s.) : zen Rinzaï (maîtres en Chine : Rinzaï ; Japon : Eïsaï) : recherche l'Éveil (Satori) par la méthode des paradoxes (Kôan) mettant en échec la raison raisonnante, 5 758 temples. Zen Obaku (maître : Ingen, Chinois naturalisé Japonais, même famille religieuse que zen Rinzaï, 474 temples). Zen Sôtô [maîtres en Chine : Tôzan et Sôzan ; Japon : Dôgen/Zenji (1200-53)] : pratique du zazen. Pratique le mushotoku [c'est-à-dire la méditation sans objet (mot à mot : sans recherche de profit)]. 14 219 temples. EN OCCIDENT : zen Rinzaï introduit avant 1939 (USA, Europe et France en 1974 par maître Taïkan Jyoji, « Kaikyoshi » ou maître-fondateur du zen Rinzaï en Europe). Centre zen Rinzaï de la Falaise Verte, La Riaille, 07800 St-Laurent-du-Pape. Plusieurs milliers d'adhérents. Zen Sôtô introduit en Europe en 1967 par maître Taisen Deshimaru, 200 centres regroupés dans l'Association zen internationale fondée 1970 par Deshimaru ; siège : 175, rue de Tolbiac, 75013 Paris ; principaux centres en France : Centre zen international (même adresse) et Temple zen la Gendronnière, 41120 Valaire.
Zen macrobiotique : considéré par les représentants du bouddhisme zen comme factice et erroné. Fondé par Nyoiti Sakurazawa [dit Georges Osahwa, Japonais (1893-1967)]. Successeur : Michio Kushi (Japonais, né 1926). 1968 expansion en France. Doctrine : la macrobiotique est « l'art de se nourrir en harmonie avec les lois de l'Univers... pour aboutir au bonheur en passant par la paix et la santé ». « Toute maladie doit être guérie en 10 jours : la maladie venant du sang dont nous éliminons 1/10 tous les jours, il doit être renouvelé en 10 jours par une alimentation convenable ; utiliser les aliments naturels et abandonner médicaments, opérations et cures de repos... » Abandonner toutes formes d'éducation moderne : « La plupart des grands hommes se sont faits eux-mêmes, donc l'éducation scolaire est à proscrire. L'éducation professionnelle est faiseuse d'esclaves, et la mentalité d'esclave est incompatible avec le bonheur. » Oshawa prescrit 10 régimes nutritifs et « curatifs ». Points particuliers : 20 maladies (parmi lesquelles cancer, diabète, hémophilie, épilepsie, sclérose en plaques...) ont pour remède universel le régime no 7 (uniquement des céréales, en buvant le moins possible). Organisation : France : Institut Kushi, Kameo-Centre Ignoramus à Paris. Fondation à St-Gaudens (Hte-G.), Terre et Partage à Muttersholtz (Bas-Rhin).
BOUDDHISME DE NICHIREN
Origine. Nichiren Daishônin (16-2-1222/13-10-1282). Nikkô Shônin, son successeur immédiat, construit un temple, Taiséki-ji, au pied du mont Fuji, où sont conservées plusieurs de ses reliques et notamment, le Daï-Gohonzon, représentation symbolique de la Loi de l'Univers. Le bouddhisme de Nichiren se fonde sur les principes essentiels du Sûtra du Lotus, enseignement ultime du bouddha Shakyamuni. Nam Myôhô Renge Kyô : invocation récitée pour la 1re fois en 1253 par Nichiren Daishôni dans le but d'éveiller tous les êtres à leur propre état de bouddha. Myôhô Renge Kyô (titre du Sûtra du Lotus) est la « Loi bouddhique suprême » permettant de saisir la bouddhéité inhérente dans sa propre vie et d'atteindre le plein épanouissement de l'être.
Doctrine morale. L'homme doit accomplir individuellement l'effort qui mène à la bouddhéité. Le résultat de cet effort (que la Sôka Gakkaï appelle « révolution humaine »), sur le plan social, est la prospérité des pays et la paix entre les nations.
Organisation. Plusieurs organisations religieuses au Japon se réclament de l'enseignement de Nichiren. La Nichiren Shôshû, la plus importante jusqu'en 1991, doit son renouveau au développement de la Sôka Gakkaï qui l'a activement soutenue jusqu'à cette date.
Forme laïque. Sôka Gakkaï : 1930-18-11 Sôka Kyôiku Gakkaï (association de laïcs mettant en pratique le bouddhisme de Nichiren) fondée par Tsunesaburo Makiguchi (1871/18-11-1944, philosophe et enseignant japonais † en prison, pour s'être opposé à la politique militariste japonaise pendant la guerre) et Josei Toda (1900/2-4-1958). Pts : 1er Makiguchi ; 2e 1951 Josei Toda, donne le nom au mouvement et fait passer ses adeptes de 5 000 à 765 000 ; 3e 1960-3-5 Daisaku Ikeda (né 1928), fondateur de Sôka Gakkaï International et d'institutions consacrées à la paix et aux dialogues interculturels, et qui en 1964 crée le Kômei-Tô (parti pour un gouvernement probe). 1974 est constitué en parti politique distinct de l'organisation religieuse Sôka Gakkaï, mais reste soutenu par celle-ci. Pt (depuis 1979) : Einosuke Akiya. 1991-29-11 Nichiren Shôshû et la Sôka Gakkaï se séparent, l'organisation religieuse prétextant des « agissements incompatibles avec la doctrine de Nichiren », et l'organisation laïque dénonçant la corruption des moines. But : développer un mouvement bouddhique humaniste de paix, culture et éducation. Quotidien : « Seikyo Shimbun » (5 500 000 ex.).
Membres. Dans le monde : plus de 13 000 000 dans 190 pays et territoires (Japon 12 000 000, Amér. du Nord 500 000, Amér. latine 300 000, Sud-Est asiatique et Australie 900 000, Europe 70 000, Afrique 60 000).
Centre européen : Trets (B.-du-Rh.), créé 1975. Sôka Gakkaï France : BP 4, 92332 Sceaux Cedex, fondée 1961 par un médecin japonais, chercheur au Collège de France, Eiichi Yamazaki (naturalisé Français 1979, † 29-6-2000) ; association déclarée (loi de 1901) depuis 20-4-1966 ; 15 000 membres. Pt : Shoïchi Hasegawa.
La Sôka Gakkaï France est reconnue par la SGI, mais pas par l'Union bouddhiste de France. Les rapports parlementaires (1983 et 1999) l'ont classée comme « secte ». L'association se définit comme « minorité religieuse ».
AUTRES FORMES EXTRÊME-ORIENTALES
En Chine, Japon, Corée, au Viêt Nam. Amidisme : Amida est la forme sino-japonaise de 2 mots sanskrits, Amitâyus (« vie éternelle ») et Amitâbha (« lumière éternelle ») : nom donné à un bouddha, le moine Dharmakâra, qui est vénéré par les sectes Jôdo, Jôdo-shin et Ji (Japon, XIe-XIIe s.). Culte du saint personnage, montrant le paradis. Cultes ésotériques : proches de 2 écoles japonaises (IXe-XIIe s.) : Tendai et Shingon. Issus du Grand Véhicule et du tantrisme ; riches en rites et en iconographie.
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