Thuburbo Majus
Histoire
Son nom indique une occupation berbère, mais l'origine de sa fondation est mal connue.
Av. J.-C.II° s. la ville prend le parti des Carthaginois au cours des Guerres puniques, les Romains lui font durement payer : lourde taxe, pas de statut de ville libre. Ap. J.-C.II° s. municipe avec Hadrien, civilisateur de la Tunisie. II°/III° s. colonie romaine fin II° s. (Commode), la ville à son apogée, + de 10 000 hab. alors. III° s. destructions partielles sous le règne de Sévère, reconstruction au IV° s. ; adoption générale du Christianisme. IV°/V° s. dévastée – pense-t-on – par les Vandales, abandon du site amorcée. VI°/VIII° s. la présence byzantine ne change rien ; la conquête arabe, abandon définitif. 1857 site reconnu par Charles Tissot, fouilles scientifiques en 1912, reprise ds années 1930 par Louis Poinssot et restauration de monuments ; 1957 qques reprises de fouilles. Fin XX° s., inventaire américano-tunisien des sites existants. Aire importante reste à découvrir.
Principaux monuments
La surface des vestiges actuels couvre environ 40 ha.
- Monuments religieux. Capitole 168 (passe pour l'un des + remarquables d'Afrique), dressé sur une plate-forme artificielle : pronaos à 6 colonnes (ordre corinthien) dont 4 remises en place ; plan de la cella au sous-sol voûté : vestiges d'une statue de Jupiter hte de 7 m ; escalier sur Forum. Temple de Mercure, ruiné mais murs existants (v. 210 ap. J.-C.). Accès cour sur Forum avec péristyle rond à 8 colonnes ; absides aux 4 angles de la cour ; cella au bel appaeil. Temple de la Paix sur le Forum vis-à-vis du temple de Mercure : même plan au sol, péristyle rectangulaire 16 colonnes ; cella + étroite pavement dalles de marbre. Temple dédié à Cælestis, patronne de la ville : vestiges épars peu lisibles, mais on connaît le plan (cour avec portiques sur 3 côtés). Temple de Saturne, excentré à l'E., site perché ; transformé en église (abside en cul-de-four). Temple de La Baalat de plan classique (cour/péristyle/cella), transformé en basilique chrétienne : triple nef (réemploi des colonnes du péristyle, entrée par portique de 10 colonnes ; le baptistère occupe l'anc. cella ; vestiges d'une porte à 3 arches (vocation mal définie) ; mosaïques (au Bardo).
- Monuments civils. Forum fin II° s., restauré 376 : 49 m de côté, position dominante ; 39 colonnes corinthiennes cannelées bordant 3 côtés (certaines en place 4 m max.). Amphithéâtre reste à mettre au jour en grande partie. Vestiges actuels ruinés, dont l'entrée restaurée tardivement. Palestre de Pétronil (nom du mécène en 225), portait un entourage de portiques corinthiens (colonnes et chapiteaux, remontés sur 1 côté). Thermes d'été importants et décor soigné, restauration datée 361 : frigidarium avec 2 piscines (mosaïques), tépidarium, salle d'étuve ; vaste caldarium et piscines chaudes ; portique à l'écart avec les latrines. Thermes d'hiver, plus réduits que ceux d'été ; restaurés également fin IV° s. et remplacés finalement par une huilerie ; portique d'accès (4 colonnes cannelées) : frigidarium et piscine froide, revêtements marbre et mosaïques (vestiges) ; suite de caldarium : parties plus tardives dont une salle : mosaïques au sol et 4 colonnes (3 en place). Maisons : une vingtaine ont été mises au jour, dont demeures patriciennes : Villa d'Ikarios, + de 30 pièces, ensemble thermal, mosaïques ds les salles de réception et chambres, péristyle ; maison d'Industrius, opulente et richesse du décor. Citerne municipale importante (vestiges). Environs – Zaghouan à l'E., au pied du djebel Zaghouan, occupe le site de la cité antique de Ziqua (porte triomphale conservée) ; ville repeuplée déb. XVII° s. par des Musulmans andalous dont on reconnaît l'influence. Marabout à coupole de tuiles vernissées, décor de stuc et céramique. Temple des Eaux tout proche : anc. nymphée du Siècle d'Or (II° s.) au vif des rochers, recueillait les sources du djebel et, ap. décantation les dirigeait v. l'aqueduc de Tunis (ci-ap.) Vaste hémicycle (30 m Ø), doublé d'une galerie voûtée avec temple central ; niche principale avec statue de la déesse tutélaire des Eaux et autrs niches destinées aux nymphes (dépôt lapidaire, éléments d'architecture). Fondation Temini (bâtiments contemporains) consacrée à la recherche scientifique (congrès). Aqueduc de Zaghouan, alimentait primitivement Carthage en eau potable et de ville sur un parcours de 123 km dep. le temple des Eaux. Construit par Hadrien (II° s.), restauré sous Septime Sévère, dévasté par les Vandales, réparé par Byzance ; interrompu volontairement par les Arabes (fin VII° s.) pour couper l'eau lors du Siège de Carthage, puis restauré X° s. et XIII° s. par les Musulmans. Certaines parties sont aériennes sur arches (allant jusqu'à 25 m de ht); d'autres souterraines, ou soutenues par un simple mur. L'écoulement à l'air libre (le + fréquent) et à faible pente exigeait une surveillance et un entretien permanents.
Personnages historiques
Empereur Hadrien. Louis Poinssot, archéologue et restaurateur (XX° s.).
Littérature – cinéma
André Merlin, auteur d'une monographie (XX° s.).
EnvironsOudna (N.E., proche de l'aqueduc). Cité romaine d'Uthina, prospère sous l'Empire, se perpétue sous Byzance. Importants vestiges, peu perceptibles (fouilles superficielles). Vaste secteur à mettre au jour. Vestiges : forteresse byzantine, somptueuses demeures romaines.
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