Mercredi 15-01-2008 : Verdict du procès Erika. La 11e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris condamne Total SA à une amende maximale de 375 000 Euros, pour "faute d'imprudence caractérisée". Pour la première fois en France, le Tribunal de Paris valide l'existence d'un préjudice "résultant de l'atteinte portée à l'environnement". L'ensemble des coupables (Total SA, Giuseppe Savarese - armateur-, Antonio Pollara - gestionnaire -, Rina -société de classification-...) devra également verser solidairement 192 millions d'euros de dommages et intérêts aux cent une parties civiles dans l'affaire (Etat Français, Régions, Associations...). Total devrait faire appel. Le procès s'était conclu le 13-06-2007, après 4 mois d'audiences, à l'encontre des principaux responsables du naufrage du pétrolier, le 12 décembre 1999, au large de la Bretagne. Les 20 000 tonnes de fioul brut déversées dans l'océan avaient souillé plus de 400 km de côtes, provoquant un désastre écologique et économique évalué à près de 600 millions d'€. Zoom sur l'Erika, l'une des plus grandes marées noires de l'histoire.
Table
- Le naufrage de l'Erika
- Les dégâts de l'Erika
- Le procès de l'Erika
- Documents
Le naufrage de l'Erika

- Date : 12-12-1999
- Lieu de l'accident: Golfe de Gascogne, à 70 km au large de la pointe de Penmarc'h (pointe sud du Finistère)
- Nature du polluant : fuel lourd n°2 + (selon le laboratoire Analytika) des déchets industriels spéciaux (DIS) hautement cancérigènes (thèse démentie par Total)
- Itinéraire du navire : de Dunkerque à Livourne (Italie), livraison du groupe Total pour l'italien Enel
- Quantité transportée : entre 30 884 t (chiffre Total) et 31 200 t
- Valeur marchande de la cargaison : 3,5 M$
- Quantité déversée : entre 19 000 et 20 000 t dont 7 000 à 10 000 t au moment du naufrage
- Type de navire : pétrolier
- Date de construction : 1975
- Pavillon : maltais
- Armateur : Giuseppe Savarese (italien résidant à Londres), achète l'Erika 2 M$ en 1994 via la société ad hoc Tevere Shipping (créée le 22-11-1994) selon le principe du "one ship one company" ("un bateau, une société")
- Affréteur : Total Fina (coût 500 000 $), devenue Total Fina Elf (2000) puis Total SA (2003)
- Gestionnaire : Antonio Pollara (société Panship)
- Société de certification : Rina (Italie)
- Commandement : capitaine Karun Sunder Mathur (42 ans, indien)
- Cause de l'accident : avarie
- Circonstances
- 1999
- -22-10 embarquement du capitaine Mathur sur l'Erika à Sébastopol (Ukraine)
- -26-10 prise de fonctions de Mathur sur l'Erika
- -11-11 inspection de l'Erika à Novorossiysk (Russie, mer Noire)
- -23-11 inspection par le Rina à Augusta (Sicile)
- -8-12 l'Erika quitte Dunkerque pour l'Italie.
- -10-12 passe le rail d'Ouessant sous des vents de force 9.
- -11-12 conditions météorologiques très défavorables (vent d'Ouest force 8 à 9, creux de 6 m) entraînent glissement d'hélice, pilonnement et gîte.
- 14h08 : 1er message d'alerte, le Cross Etel accuse réception.
- 14h15 : Mathur constate des fuites de pétrole à la mer.
- 14h22 : après transferts de cuve à cuve, met fin à la demande d'assistance et informe les autorités qu'il maîtrise la situation.
- 14h30 : signalement d'une forte gîte du navire
- 14h34 : Mathur confirme au Cross par télex la gîte, la position du navire et le contrôle de la gîte. Précise qu'il ne demande pas d'assistance immédiate, annonce qu'il pousuit l'évaluation et prépare un message ultérieur plus complet
- 14h42 : télex de Mathur à Antonio Pollara et société Panship signalant fuites de fioul à la mer
- 14h55 : demande d'annulation de la mesure d'assistance
- 15h14 : l'Erika annonce au Cross que la situation est "sous contrôle" et qu'il annule le message de détresse
- 16h27 : après son échange avec Pollara, Mathur décide de faire route vers Donges à vitesse réduite.
- 18h34 : laisse un message sur la boîte vocale de la permanence de Total, annonce qu'il modifie sa route et reprendra sa route normale quand le temps le permettra.
- 22h27 : envoi du message Surnav signalant les avaries et fuites de pétrole
- -12-12
- 5h10 : le navire ne gouverne plus
- 5h48 : envoi du mayday (message de détresse) : "rupture totale de coque. Demande assistance immédiate"
- 6h15 : alerte donnée sur la base de Lanvéoc, mobilisation du Centre opérationnel de la marine de Brest et du Cross Etel
- 7h35 : décollage du Super-Frelon, hélicoptère de sauvetage.
- entre 8h08 et 8h20 : le navire se casse en deux dans les eaux internationales, à une trentaine de milles au sud de la pointe de Penmarc'h.
- 8h10 : arrivée des sauveteurs. 4 membres d'équipage hélitreuillés puis panne de treuil obligeant l'hélicoptère à faire demi-tour. 13 marins s'échappent à bord d'une chaloupe. 9 autres attendent sur le pont.
- 9h49 : arrivée sur zone de 2 hélicoptères, 9 derniers marins évacués sains et saufs.
- 14h15 : le remorqueur de haute mer Abeille Flandre prend en remorque la partie arrière pour empêcher sa dérive vers Belle-Ile
- nuit du 12 au 13-12 : la partie avant du navire sombre non loin du lieu de la cassure.
- -13-12
- 14h15 : la partie arrière coule ; les deux morceaux de l'épave, éloignés de 10 km l'un de l'autre, gisent à environ 120 m de profondeur.
- 1999
Dernière mise à jour par Rédaction Quid, jeudi 17 janvier 2008 à 09:32 Je m'abonne au fil RSS quidzoom

par Coordination marée noire, le samedi 16 juin 2007 à 18:55