La Semaine sainte célébrée dans le monde chrétien débute avec le dimanche des Rameaux (le 5 avril 2009) pour célébrer l'entrée solennelle du Christ à Jérusalem. Le Jeudi saint glorifie ensuite la Cène et l'institution de l'Eucharistie, le Vendredi saint commémore la Passion du Christ et sa mort sur la croix. La Semaine Sainte s'achève avec la Vigile pascale, messe la plus importante et la plus longue de l'année, pendant la nuit du samedi saint au dimanche de Pâque. En Espagne et plus particulièrement à Séville, ces festivités suscitent chaque année la curiosité de milliers de touristes du monde entier. Les rues de la ville résonnent des pas des costaleros encouragés par les saetas chantées depuis les balcons. Zoom sur la capitale de l'Andalousie à l'heure de la Semaine sainte.

Introduction

La semaine sainte

Généralités
  • Achève le temps du carême. Commence avec le dimanche des Rameaux (célébration de l'entrée solennelle du Christ à Jérusalem) et inclut le jeudi saint (célébration de la cène et de l'institution de l'Eucharistie), le vendredi saint (célébration de la Passion du Christ et de sa mort sur la croix) et s'achève avec la vigile pascale pendant la nuit du samedi saint au dimanche de Pâques.
  • Temps du Carême (du latin quadragesima). 40 jours de préparation à Pâques (46 jours moins les 6 dimanches). Le Carême commence par un jour de jeûne, le mercredi des Cendres : le prêtre marque de cendre le front des fidèles pour rappeler qu'ils sont « poussière » et les inviter à la pénitence ; prescrit au concile de Bénévent (1091) par Urbain II, et se termine le samedi saint. Le 6e dimanche de Carême est celui des Rameaux.
  • Dimanche des Rameaux (et de la Passion du Seigneur). 7 jours avant Pâques. Les rameaux, tenus à la main au cours de la procession qui précède la messe, rappellent les branches brandies par le peuple le jour où Jésus est entré solennellement à Jérusalem.
A Séville
  • Origine
    • XIe siècle : après la conquête chrétienne de l'Andalousie, la pratique de la mortification se répendit. Des confréries de disciples se constituèrent par quartier ou par corporation. Lors du vendredi saint, elles défilaient dans les rues en se flagellant avec des cordes nouées ou des chardons. Pratique interdite par le pape Clément VI, au XIVe siècle. Les confréries des pénitents remplacèrent alors les mortifications par le port de la croix et par la représentation graphique puis sculptée des scènes de la Passion du Christ.
    • XVIIe siècle : les brancards transportant les ensembles statuaires sont remplacés par les actuels pasos (autels) en bois, portés de l'intérieur par une cinquantaine d'hommes, les costaleros (porteurs).
  • Défilés
    • 58 processions, 50 000 pénitents.
    • Organisation : gérée par le Consejo General de Hermandades y Cofradias élu par les hermanos mayores (frères majeurs directeurs de confrérie).
    • Itinéraire : chaque confrérie (Hermandades et Cofradias) sort de son église et parcourt un itinéraire qui lui est propre. La seule obligation pour chacune est de passer par la carrera oficial (de la rue de la Campana à la cathédrale). Itinéraire des confréries.
    • Ordre processionnel :
      • D'abord les nazarenos, portant les cierges, habillés de la tunique de la confrérie et coiffés de la capirote (cagoule à pointe), pour préserver l'anonymat de leur pénitence.
      • Puis les penitentes, pieds nus, portant une lourde croix de bois. Les hermandades les plus nombreuses sont parfois plusieurs milliers de frères.
      • Ensuite les pasos, accompagnés ou non de musiciens. La sortie et l'entrée de l'église sont très risquées car le passage des porches, souvent bas et étroits, exige de la part des costaleros une grande habileté et du courage. Les costaleros placés à l'intérieur du paso se dirigent grâce aux consignes criées par le capataz, responsable de l'équipe, et aux coups du "llamador" ou martillo, marteau mobile fixé au rebord du paso, qui donnent les ordres de levée et de pose.
  • Musique
    • Parfois, du haut d'un balcon et au passage de Christ ou de la Vierge, chant d'un "cantaor de saeta" : s'apparente au "cante por martinete" (chant flamenco). La "saeta" parle de la douleur de la Vierge ou évoque les plaies ou les paroles du Christ.
  • Point culminant : vendredi Saint : sortie des images les plus vénérées telles que le Jésus del Gran Poder, la Macarena, l'Esperanza de Triana, le Cristo de los Gitanos.

Macarena et Cristo de los gitanos pendant la semaine Sainte/sevilla.org

La ville